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Arrestation de djihadistes (photo d'illustration)
Arrestation de djihadistes (photo d'illustration) © Maxppp - Emmanuel Grondin

Le Loiret est-il une terre de radicalisation?

Diffusion du mercredi 22 novembre 2017 Durée : 2min

C’est un vaste procès qui va s’ouvrir en début d’après-midi devant le Tribunal Correctionnel de Paris, le procès d’une filière djihadiste dite « orléanaise ». Neufs jeunes hommes âgés de 22 à 33 ans, originaires d’Orléans ou de sa proche banlieue comparaissent. C’est l’objet du décryptage.

Le Loiret et la radicalisation : Ce réseau d’une telle ampleur de terroristes devant la Justice est-ce une première pour le département ? Le décryptage de Christophe Dupuy

Oui incontestablement car même si le Loiret et le terrorisme islamique c’est une vieille histoire, de 1994 avec un attentat dans un hôtel de Marrakech planifié par un homme qui recrutait en banlieue parisienne mais aussi au dojo de l'Argonne à Orléans, à l’arrestation d’une Châlettoise de 29 ans en septembre l’année dernière dont les empreintes ont été retrouvées dans la voiture abandonnée près de la cathédrale Notre-Dame à Paris et remplie de bonbonnes de gaz, des loirétains ont participé a des tentatives ou des actes terroristes de manière plus ou moins isolée depuis ces 20 dernières années mais rarement à cette échelle d’organisation. Là, on est en face d’un véritable réseau structuré, organisé et d’ampleur. Neuf prévenus tous incarcérés vont comparaitre cet après-midi mais ce n’est pas moins de dix mandats d’arrêts qui ont également été émis par la Justice. Dix autres membres de cette filière partis pour combattre en Syrie et dont on est aujourd’hui sans nouvelles.

Comme était organisée cette filière ?

C’est un réseau de recrutement de combattants mais aussi d’aide matériel et financière pour l’armée de Mahomet qui est une milice proche d’Al Qaida qui combat en Syrie les troupes de Bachar Al Assad. Un groupe armé composé essentiellement de français qui entend imposer la charia sur le sol syrien et qui varie de 100 à 200 soldats. Au sein de ce réseau orléanais, il y a ceux qui sont sur place en Syrie depuis 2012, proches de l’émir, ils recrutent des combattants via des intermédiaires qui opèrent eux à Orléans. Et puis il y a ceux qui aident à passer les frontières ou qui fournissent de l’argent, des médicaments ou des armes, deux carabines à canon scié et lunettes sont retrouvées par exemple sous une jardinière d’un balcon d’un couple de Saint Jean de la Ruelle.

Ces commanditaires, recruteurs, candidats au Djihad ont un point commun, ils ont fréquenté un même lieu de prière situé Rue des Carmes sans que l’enquête ne démontre toutefois que c’est là qu’ils se sont radicalisés.

Est-ce à dire que le Loiret est particulièrement touché par la radicalisation ?

La réponse est plutôt "oui." Selon les derniers chiffres du fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, une base de données créée en mars 2015 et qui recense près de 15 000 hommes, femmes et mineurs qui constituent une menace terroriste sur le territoire, 202 personnes séjournent dans le département, ce qui place le Loiret parmi les 15 départements les plus sensibles.

Une tendance à la hausse qui conduit les services de renseignement, de police et de Justice du Département à faire de la lutte contre la radicalisation une priorité, le nouveau procureur de la République Nicolas Bessone l’a du reste rappelé à son arrivée en septembre dernier à la tête du Parquet d’Orléans.