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Au moins 12 rave-party ont eu lieu dans le Loiret entre octobre 2016 et avril 2018
Au moins 12 rave-party ont eu lieu dans le Loiret entre octobre 2016 et avril 2018 © Radio France - Luc Barre

Le phénomène des rave-party dans le Loiret

Diffusion du jeudi 5 avril 2018 Durée : 2min

Dans le décryptage ce matin, on revient sur le phénomène des rave party dans le Loiret : quelle ampleur ? et comment y faire face ? Question d'autant plus d'actualité après la rave party organisée lors du week-end de Pâques sur la commune des Choux, dans le Giennois.

Premier constat : ce genre d'événements devient récurrent dans le département ! 

Alors la préfecture du Loiret n'a pas de chiffre précis. Mais selon nos décomptes, il y a eu au moins 12 rave-party ces 18 derniers mois dans le Loiret. L'affluence est souvent autour de 500 personnes, avec une pointe à 3 000 participants à Dordives en octobre 2016. Le Pithiverais est souvent choisi - peut-être pour sa proximité avec le RER D - mais l'Est du département est également touché, comme on l'a vu ce week-end dans la commune des Choux. Cela se passe dans des champs, en forêt mais aussi dans des hangars désaffectés - ce fut le cas en octobre dernier dans l'ancienne usine Cargo Van, à Pithiviers-le-Vieil : "Nous avons de la friche industrielle très très grande, analyse le maire Michel Picard, ça attire. En plus, tous ces gens se retrouvent à l'abri des regards et à l'abri des intempéries, sur des plateformes bien cimentées, donc pour eux c'est le lieu idéal."

Tout cela se fait sans autorisation, élus et pouvoirs publics se retrouvent devant le fait accompli... Et on ne peut pas  y faire grand chose, estime Jean Berthaud, le maire de Dordives : "Quand on est devant une situation de ce type, il faut bien négocier et ne pas fermer la porte, on ne peut pas fermer la porte, c'est impossible. Mais après, ça se gère..." Et la gestion, en l'occurrence, se fait avec la préfecture et la gendarmerie. Ce week-end, aux Choux, 30 gendarmes ont ainsi été mobilisés pour encadrer la rave party pendant 3 jours.

Doit-on dès lors parler de sentiment d'impunité pour les adeptes de rave party ?

Eh bien, oui et non... Non, parce que dans ce genre d'événement les pouvoirs publics multiplient les contrôles et donc n'oublient pas le côté répressif. Ainsi, 150 procès-verbaux ont été dressés le week-end dernier aux Choux - dont 99 pour détention ou usage de stupéfiants. "Face à un tel événement, l'idée c'est de travailler selon deux axes, explique Nathalie Costenoble, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Loiret. Un axe préventif, pour bien sensibiliser les personnes qu'elles n'ont pas à conduire si elles ont consommé des stupéfiants ou de l'alcool. Mais il y a aussi le volet répressif, avec une activité de contrôles. Dans le cas d'espèce, il n'y a pas eu d'incident grave, c'est l'essentiel."

Il y aura donc des poursuites judiciaires - certaines seront compliquées, tout de même, car parmi les participants, certains sont venus de Belgique, des Pays-Bas, du Portugal... Par ailleurs, le propriétaire du terrain a porté plainte pour occupation illicite - mais ce genre de procédure aboutit rarement, car il faut identifier les organisateurs - ce qui n'est jamais une tâche facile pour les enquêteurs.