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La faculté de médecine de Tours (image google street view)
La faculté de médecine de Tours (image google street view) - google street view

Pourquoi n'y aura-t-il pas plus d'étudiants en médecine l'an prochain en Centre Val-de-Loire ?

Diffusion du mardi 14 mai 2019 Durée : 3min

Le numerus clausus, le nombre d'étudiants en médecine admis chaque année en deuxième année, fait polémique en région Centre Val de Loire. Il n'augmentera pas à la rentrée 2019. Quels sont les enjeux, exactement ?

On parle du numerus clausus dans le décryptage de France Bleu Orléans. On en a beaucoup parlé ces dernières semaines, parce que la loi santé 2022 prévoit de le supprimer pour lutter contre la désertification médicale. Il est au coeur d'une polémique entre la faculté de médecine de Tours, et les élus de la région Centre Val de Loire. Mais d'abord c'est quoi exactement ?

Dans la région la plus touchée par la désertification médicale, il faut plus d'étudiants en médecine

C'est le nombre d'étudiants en médecine admis en deuxième année, le nombre de places au concours, en quelque sorte, puisque ça y ressemble beaucoup. Pour ce qui concerne la région Centre Val de Loire, la fac de médecine à Tours, a 255 places en deuxième année, c'est environ 20% des étudiants de première année qui y accèdent. Et c'est déjà un enjeu selon Stéphanie Rist, la députe La République en Marche du Loiret : "on a le plus petit ratio entre le nombre d'étudiants et le nombre d'habitants, c'est vraiment peu, et c'est un enjeu, il faut plus de places, c'est important. Dans la région la plus touchée par la désertification médicale, ce numérus clausus, il est trop bas".

Réforme des études de santé en 2020

 Mais dans sa forme actuelle il va disparaitre à partir de 2020, c'est dans la loi santé. Au profit d'un système moins sélectif, qui s'étalera au cours des trois ou 4 premières années d'études de santé. L'idée c'est d'abandonner le côté concours. Ca ne veut pas dire que le nombre de places en faculté de médecine va forcément augmenter. Certes c'est une des priorité, mais ça n'est pas la première en région Centre Val de Loire, selon le doyen de la faculté de Tours, Patrice Diot. Ce sont les universités qui fixeront ce nombre de places, avec les agences régionales de santé. En fonction de leurs moyens, déjà.

Faute de places dans les hôpitaux comme internes, les étudiants partent finir leur cycle à l'extérieur de la région !

Or à Tours on manque d'enseignants dit Patrice Diot, c'est déjà un premier problème. Mais surtout, il dit qu'on n'a pas assez de postes d'internes dans les hopitaux de la région. Pour 255 étudiants, on a seulement 234 places d'internes, ces postes rémunérés qui complètent la formation à partir de la 6ème année. Alors que dans d'autres régions, à Marseille par exemple, il y a plus de postes d'internes que d'étudiants. C'est ça la priorité pour le doyen : "comme on n'est pas capable d'accueillir tous les étudiants de Tours dans les hôpitaux de la région, ils partent terminer leur troisième cycle ailleurs. Il faut peser politiquement pour plus de postes d'internes, c'est ça le combat à mener en priorité"