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Le Décryptage de FBO

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39% de la population de la région Centre-Val-de-Loire vit dans un désert médical au sens de l'ARS et au 1er janvier prochain
39% de la population de la région Centre-Val-de-Loire vit dans un désert médical au sens de l'ARS et au 1er janvier prochain © Maxppp - /NCY

Que change la nouvelle cartographie de l'Etat sur les zones en pénurie médicale ?

Diffusion du mardi 28 novembre 2017 Durée : 2min

Et dans le décryptage aujourd'hui, on s'intéresse à la nouvelle cartographie qui définit en France les zones en situation de pénurie médicale. Un arrêté a été pris le 13 novembre dernier : que change-t-il en région Centre Val-de-Loire ?

C'est un arrêté important, puisqu'il liste les territoires reconnues comme sous-dotées en offres de soins : dans ces territoires, l'Etat octroie notamment des aides pour l'installation de médecins - jusqu'à 50 000 euros pour un médecin qui s'engage à rester 5 ans. La nouvelle cartographie entre en vigueur le 1er janvier, avec des changements notables pour la région Centre-val-de Loire : "Actuellement, explique Anne Bouygard, la directrice de l'ARS, l'agence régionale de santé, les territoires qui permettent de bénéficier des ces aides représente 14% de la population en région Centre, cela va passer à 39% au 1er janvier. Le nouveau zonage concerne donc davantage de territoires." 39% de la population concernée, c'est le taux le + élevé en France... Cela s'explique bien sûr par la démographie médicale, si préoccupante en région Centre-Val de Loire : 76 généralistes pour 100 000 habitants, alors que la moyenne est de 85 au plan national. Sans oublier que 14% de ces médecins généralistes ont actuellement plus de 65 ans et vont bientôt partir en retraite.

Mais paradoxalement, cette nouvelle cartographie fait des mécontents !

Car bizarrement, deux communes du Loiret sortent du dispositif d'aides : St Jean-de-la-Ruelle et Orléans. Non pas que la situation médicale s'y soit améliorée, mais parce que les critères ont changé. Ce qui est désormais pris en compte, c'est la distance entre les habitants et le cabinet médical le plus proche. Une façon de calculer que conteste Christophe Chaillou, le maire de St Jean-de-la-Ruelle, qui veut construire une maison de santé dans le quartier des Chaises : "St Jean-de-la-Ruelle étant une petite commune d'un point de vue géographique, on se trouve à une distance assez proche d'un cabinet médical. Mais c'est méconnaître : nous avons une démographie médicale vieillissante, et c'est très compliqué de faire venir des médecins dans les quartiers, c'est donc totalement aberrant".

Dans ces zones qui ne sont pas éligibles aux aides de l'Etat, le Département du Loiret prend le relais, avec son propre système de subventions. Mais elles sont plus modestes : 15 000 euros pour l'aide à l'installation des médecins. Et surtout, il n'y a pas le remboursement de la TVA sur les travaux de construction des maisons de santé - ce qui représente 150 000 euros dans le cas de St Jean-de-la-Ruelle. Quant à savoir si ces aides sont efficaces, c'est un autre débat...