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Le Plan de Retour à l'Equilibre a été annoncé en 2017
Le Plan de Retour à l'Equilibre a été annoncé en 2017 © Radio France - Anne Oger

Un rapport alarmant sur la souffrance au travail au sein du Nouvel Hôpital d'Orléans

Diffusion du mardi 26 juin 2018 Durée : 3min

Comme dans beaucoup d'autres établissements en France le personnel du Nouvel Hôpital d'Orléans dit qu'il est au bout du rouleau, qu'il n'arrive plus à prendre soin des patients, la charge de travail est trop lourde. Un rapport d'experts vient confirmer ce malaise.

C'est un rapport commandé l'an dernier par le comité hygiène et sécurité du Nouvel Hôpital d'Orléans, l'instance dans chaque grosse entreprise, chaque administration, qui veille à ce que le personnel ne soit pas mis en danger, d'une manière ou d'une autre. Il l'a commandé lorsque la direction de l'hôpital a annoncé qu'elle mettait en place un plan de retour à l'équilibre, à la demande de sa tutelle, l'Agence Régionale de Santé, qui représente l'Etat. Le déficit du Nouvel Hôpital se creuse, depuis sa construction à la Source en 2015, il faut faire des économies, d'où la suppression annoncée de 75 postes, dont 50 postes de soignants, dans les services. Objectif : réaliser 3 millions d'euros d'économies.

Quand vous devez assurer vos tâches, en plus de celles de l'agent qui n'est plus dans le service, forcément cela génère des retards dans les soins aux patients

Sans surprise, ce rapport, ne dit pas que tout va bien. Surtout il prévient la direction qu'elle sera responsable si la souffrance au travail générée par ces suppressions de poste s'installe. Parce que c'est clairement ce qui ressort de la centaine d'entretiens menés par les experts. 50 postes de soignants en moins, cela désorganise profondément tous les services. Ca oblige à repenser la tâche et le poste de tout le monde explique Sandrine Servoz, la secrétaire du comité hygiène et sécurité de l'Hôpital : "quand vous, agent Dupont, vous devez assurer vos tâches plus celles de l'agent qui n'est plus dans le service, forcément cela génère du retard".

Chez eux les patients ne se lavent pas tous les jours

Dans ce rapport, un agent témoigne par exemple, qu'il lui arrive de ne donner leurs somnifères à ses patients qu'à minuit, pas le temps avant, depuis que sa collègue n'est plus là. Ce sont des patients qu'on n'emmène plus aux toilettes que deux fois par jour. Certains cadres ont même dit aux équipes que, "de toute façon, les gens, chez eux, ne se lavent pas tous les jours, alors qu'à l'hôpital ils n'ont pas besoin d'une douche quotidienne".

Des taux d'absentéisme qui explosent

Parfois la charge de travail de ceux qui restent dans le service est doublée, et puis il la souffrance éthique, la conscience de ne pas prendre soin des patients comme il le faudrait. Résultat : des chiffres d'absentéisme qui explosent, plus 338% d'arrêts maladies en chirurgie par exemple, entre 2015 et 2017. Plus 47% aux urgences.

L'obligation de réduire la durée moyenne de séjour

Mais ce rapport aide aussi à comprendre pourquoi, aux urgences, justement, de plus en plus de patients se retrouvent à attendre des heures, sur des brancards. Ca c'est la conséquence de l'obligation qui est faite aux hôpitaux, de réduire la durée moyenne de séjour des patients, puisque leurs budgets sont liés à leur activité, plus ça tourne, mieux c'est pour eux. Qui a la durée moyenne de séjour la plus élevée ? Les personnes âgées. Ce ceux elles qu'on a le plus de mal à accepter, dans les services, c'est la consigne. Et celles qui attendent, sur les brancards, à Orléans, comme ailleurs.