Le dossier de France Bleu Paris

Du lundi au vendredi à 07h45

Cela fait plusieurs années que des tentes sont installées entre deux bâtiment d'aération et d'évacuation de l'autoroute A1 qui passe sous l'avenue Wilson
Cela fait plusieurs années que des tentes sont installées entre deux bâtiment d'aération et d'évacuation de l'autoroute A1 qui passe sous l'avenue Wilson © Radio France - Caroline Félix

Les migrants sans-abris à Saint-Denis

Diffusion du lundi 7 octobre 2019 Durée : 4min

D'après la mairie de Saint-Denis, il sont plusieurs centaines de migrants à dormir sur le terre-plein de l'avenue Wilson, non loin de la tristement célèbre "colline du crack" de Porte de la Chapelle.

Alors que les parlementaires commencent à débattre ce lundi de la politique migratoire de la France, le maire de Saint-Denis a voulu recentrer les discussions sur la question de l'accueil des migrants qui sont déjà sur le territoire. Beaucoup d'entre eux, sans solution de logement, viennent s'échouer sur le terre-plein d'une avenue commerçante dionysienne, entre deux bâtiments d'évacuation de l'autoroute A1 qui passe en dessous. "Sur l'avenue du président Wilson, il sont entre 300 et 600 migrants (...) face à l'inaction de l'État, les collectivités sont en première ligne.", a rappelé le maire Laurent Russier lors d'une conférence de presse a quelques mètres des tentes. La commune paie un nettoyage du camp plusieurs fois par semaine et a installé à ses frais des toilettes de chantier et des urinoirs. 

La commune de Saint-Denis a financé l'installation d'urinoirs et de toilettes de chantier - Radio France
La commune de Saint-Denis a financé l'installation d'urinoirs et de toilettes de chantier © Radio France - Caroline Félix
Ahmed vit depuis 4 mois avec toutes ses affaires dans une tente une place. Ce jardinier soudanais garde précieusement sa demande de carte de séjour et tous ses papiers dans un sac à dos. - Radio France
Ahmed vit depuis 4 mois avec toutes ses affaires dans une tente une place. Ce jardinier soudanais garde précieusement sa demande de carte de séjour et tous ses papiers dans un sac à dos. © Radio France - Caroline Félix

"Accueillir, c'est improviser, alors on improvise" - Florence, libraire à la médiathèque don Quichotte

Les migrants peuvent compter sur un accueil de jour qui a ouvert ses portes au printemps, mais aussi sur le collectif Solidarité Migrants Wilson, qui organise des maraudes et distribue des repas. "Ils font ce que l'État devrait faire", fait remarquer Florence, libraire à la médiathèque don Quichotte, dont les baies vitrées donnent sur le camp. 

Les premières tentes ont été installées en 2017 (vue depuis la médiathèque) - Radio France
Les premières tentes ont été installées en 2017 (vue depuis la médiathèque) © Radio France - Caroline Félix

Elle aussi accueille les hommes du camp dans sa médiathèque "puisque c'est dans la charte du réseau des médiathèques de Plaine Commune d'accueillir sans condition tous les publics. Là, c'est juste un nouveau type de public.". Ils viennent pour recharger leur téléphone et utiliser internet. " Je venais pour me détendre, pour apprendre, c'est l'un des rare endroits où l'on est les bienvenus", explique Warsamé, un coiffeur somalien qui a passé tout l'hiver sous une tente avant de trouver un logement. La médiathèque a aussi mis à disposition des cours d'apprentissage du français sur certains postes, ainsi que des cours de conversation en français.