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Les jeunes anciens stagiaires du programme Envol Pro réunis au GIP de Roissy autour de Patrick Septiers, président du conseil départemental de Seine-et-Marne
Les jeunes anciens stagiaires du programme Envol Pro réunis au GIP de Roissy autour de Patrick Septiers, président du conseil départemental de Seine-et-Marne © Radio France - Hajera Mohammad

Un job à l'aéroport de Roissy ? Oui mais do you speak english ?

Diffusion du mercredi 25 septembre 2019 Durée : 4min

Pour mettre toutes les chances de leur côté, plusieurs candidats au recrutement dans le secteur aérien peuvent suivre une formation intensive en anglais proposée par le GIP, structure spécialisée dans le recrutement autour de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

Aigle Azur en liquidation judiciaire, XL Airways en redressement judiciaire et Thomas Cook en faillite... On pourrait croire que le monde du transport et du voyage aérien se porte très mal en France mais tout n'est pas si sombre. En tout cas à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, il y a du travail dans différents métiers du secteur et les entreprises embauchent. Mais à une condition : maîtriser l'anglais.

La langue de Shakespeare partout 

L'un des principaux problèmes selon les recruteurs, c'est l'auto-évaluation des candidats qui affirment avoir un niveau "courant" voire "bilingue" sur leur CV alors qu'ils sont incapables de se présenter en anglais lors d'un entretien. "Sur 10 candidatures, je vais en écarter 9 parce que les personnes ne maîtrisent pas l'anglais", avoue Karim Affa, directeur d'exploitation du Groupe 3S qui embauche des agents de piste et d'escale.

Chez Air France, premier employeur privé d’Île-de-France, "on a besoin de savoir parler anglais dans tous les métiers, que ce soit dans le commercial avec les stewards et les hôtesses de l'air mais aussi les métiers de mécaniciens, logisticiens, tout est en anglais", insiste Aurélien Gomez, directeur délégué aux Affaires Territoriales de l'entreprise.

Apprendre l'anglais autrement

L'autre problème pour certains recruteurs,  c'est la manière "trop théorique" que nous avons en France d'apprendre l'anglais, une "technique encore trop scolaire" avec le complexe en classe de lever la main parce qu'on a honte de son accent, par exemple, explique Thierry L'Aot, spécialiste de la formation dans le transport aérien.

C'est là que le GIP Emploi (groupement d'intérêt public), spécialisé dans l'emploi et la formation pour les habitants du Grand Roissy, intervient : depuis 2016, il propose à des jeunes (et moins jeunes) de suivre le programme Envol Pro. Il s'agit de stages intensifs de trois mois dans des entreprises dans des pays anglophones pour les immerger dans la culture et la langue anglaise : "On pratique l'isolement francophone, on évite qu'ils se retrouvent dans des colocations avec d'autres français ou dans des entreprises avec d'autres français", détaille François Brezot, directeur général du GIP. Emploi Roissy CDG. Comme ça, on évite la tentation de discuter en anglais.

L'expérience semble avoir été concluante pour Sébastien. Ce jeune homme de 22 ans, originaire de Mitry-Mory et titulaire d'un BTS, a passé trois mois en Irlande : _"Avant, sur mon CV je mettais anglais courant, voire confirmé. En arrivant là-bas, j'ai compris que c'était plutôt niveau débutant_, voire novice"

Marie, 18 ans, a travaillé dans un hôtel-restaurant : "On avait pas d'autre choix que de parler anglais, c'était très bien d'un point de vue professionnel et ça redonne aussi confiance parce qu'avant à l'école, _je n'osais pas lever la main en cours, j'avais peur qu'on se moque de mon accent_, alors que là  on s'en fichait de mon accent".  Elle espère désormais réaliser son rêve : devenir hôtesse de l'air. 

Des emplois à la clé

Ces stages intensifs de trois mois coûtent entre 4 000 et 5 000 euros, financés par des fonds européens grâce au programme Erasmus +. Depuis son lancement en 2016, Envol Pro a accompagné 190 jeunes, 60% d'entre eux ont trouvé un job (CDD, CDI, contrat pro). D'autres emplois seront à saisir dans les années à venir avec les chantiers annoncés autour de l'aéroport de Roissy : le futur terminal 4 ( plus de 40 000 emplois directs), le CDG Express, les Jeux Olympiques de Paris 2024.  De véritables opportunités pour l'emploi selon le GIP dans un bassin où le taux de chômage atteint 18% (jusqu'à 45% dans certains quartiers politique de la ville), bien plus que la moyenne régionale.