Replay du mercredi 30 septembre 2020

Quelles sont les précautions techniques à prendre pour éviter les désillusions liées à l'isolation à 1 euro ?

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Isolation des combles à 1€ : quelques conseils pour un chantier réussi.

isolationà 1 euro
isolationà 1 euro © Getty

Le principe de « l’isolation à 1€ » est de réaliser un chantier dont le montant est compensé à 1€ près par la prime du fournisseur d’énergie. Concrètement, il s’agit de chantiers de combles perdus, c’est-à-dire, l’entreprise isole au sol du « grenier » non aménageable en projetant 35 à 40 cm d’isolant, comme de la laine de verre, de la laine de roche soufflée à faible densité,  procédé peut onéreux. Myriam Cosset du CAUE Dordogne nous éclaire sur le sujet 

Quelques points techniques à avoir en tête pour que la discussion et le chantier se déroulent bien :

-          Compte tenu de ce qui précède, il n’est donc pas possible d’isoler des combles aménagés ou aménageables -sous les rampants de toiture- pour 1€ : le coût du chantier est plus élevé, la prime existe toujours mais ne compense pas le montant à 1€ près.

-          Si l’isolant existant a pris l’eau, est moisi il faut l’enlever sous peine de dégrader la qualité de l’air intérieur de la maison. Bien sûr, il faut s’assurer que la source d’humidité a été supprimée (étanchéité de la couverture par exemple)

-          Projeter 35 cm d’isolant sur un isolant pré existant peut rendre le comble inaccessible : bien vérifier que les appareils type VMC restent accessibles en cas de maintenance. S’il n’y a pas de VMC, avant toute intervention dans le comble, vérifier qu’il y a un appareil de renouvellement d’air dans le logement. Isoler le logement sans prévoir de renouvellement d’air peut causer des dégradations importantes à court ou moyen terme. 

-          Avant d’isoler, l’entreprise doit effectuer un repérage des réseaux, VMC, boîtiers électriques. C’est une obligation qui incombe à l’entreprise.

-          Un coffrage ou un écran de protection doit être mis en place autour des conduits de fumée.

-          La répartition de l’isolant doit être homogène partout dans le comble. L’entreprise doit installer des piges régulièrement : ce sont des baguettes qui marquent la hauteur d’isolant à souffler et aident l’opérateur à se repérer lors du soufflage de l’isolant. Les piges doivent rester sur place. Cela permettra, en cas de contrôle, de vérifier la hauteur d’isolant installée.

-          Le comble peut être fortement ventilé et l’isolant pulsé peut être déplacé par le vent. L’entreprise doit poser des déflecteurs au bout des rampants de toiture afin de dévier le vent et de maintenir une épaisseur d’isolant uniforme sur l’ensemble du comble, d’éviter que l’isolant ne soit en contact avec la toiture (condensation), de maintenir une circulation d’air dans le comble. La hauteur des déflecteurs doit dépasser de 10 cm celle de ’isolant. Ils peuvent être composés de bandes d’écran de sous-toiture, métal, bois, contreplaqué, plaques de plâtre

-          Le maintien d’une ventilation sous couverture est primordiale pour assurer la pérennité de cette dernière (sinon chocs thermiques et condensation rendent les tuiles gélives). L’entreprise doit assurer un travail préalable pour maintenir l’isolant en place et que la lame d’air aménagée soit effectivement bien ventilée.

-          Il existe de nombreux types d’isolants. La laine de verre représente 98% du marché. Sa fabrication n’est pas neutre au plan environnemental. Une alternative compétitive peut être de demander une isolation en ouate de cellulose. Il s’agit de papier journal recyclé. Les performances thermiques sont aussi bonnes, le matériau est plus stable dans le temps et plus dense, ce qui représente un avantage pour le confort d’été. 

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