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Le samedi à 7h42

Coccinelle et Tournesol
Coccinelle et Tournesol - Pixabay

Le biocontrole, c'est quoi ?

Diffusion du samedi 21 décembre 2019 Durée : 3min

Dans le domaine du biocontrole, les avancées sont spectaculaires, limitant le recours à la chimie.

Mais avant soulignons combien les conduites culturales des agriculteurs évoluent. Pour des raisons environnementales qui font consensus, la profession agricole s’est engagée depuis longtemps dans des actions de réductions d’emplois des produits utilisés pour la protection des cultures. 

De quoi parle-t-on au juste ? 

De toute la phytopharmacie de synthèse ou d’origine naturelle sans qui il serait impossible de nourrir 7 milliards d’humains trois fois par jour. Que le mode de conduite soit conventionnel ou bio, les agriculteurs y ont tous recours plus ou moins.  

Mais vous êtes en train de nous dire qu’en fait, malgré une prise de conscience collective rien ne va changer ?

Eh bien non, tout change au contraire et dans le bon sens ! Depuis longtemps les agriculteurs raisonnent leurs interventions et réduisent à la parcelle le volume de produits utilisés. Des modèles agro-météo évaluent le risque et le traitement n’est pas systématique. En intégrant les données d’hygrométrie et de température, il est souvent possible de traiter à dose réduite. Et puis il y le progrès génétique et technologique, la sélection variétale permettent de semer des plantes résistantes aux agresseurs. Les nouveaux pulvérisateurs sont précis et anti-dérive.

Et le bio-contrôle dans tout ça ? 

Le bio-contrôle regroupe une kyrielle de pratiques parmi lesquelles des molécules naturelles, qui vont envoyer des signaux aux plantes pour qu’elles renforcent leurs défenses. Il s’agit souvent de solutions composées d’extraits d’algues, de décoction ou d’infusion de plantes comme l’ortie, la prêle, la consoude, la bourrache, voire de compost de bouse. On utilisera aussi des produits naturels à l’action physique, comme de l’argile calciné qui, pulvérisé en arboriculture ou sur les vignes, va dessécher les œufs d’insectes indésirables. En grandes cultures, on cherchera à perdre les ravageurs comme les limaces ou les pigeons en intégrant à la culture d’autres plantes. Cette association aura aussi pour rôle de limiter l’installation des mauvaises herbes en leur faisant concurrence.

Mais c’est efficace sur tout ? 

Bon pour l’instant les essais montrent que ça ouvre des pistes. Le biocontrôle réduit les doses de produits en période de pression modérée. Par exemple, l’extrait d’écorce d’orange permet de réduire les doses de cuivre en viticulture.  Mais quand la maladie est virulente, les agriculteurs sont obligés de sortir le gourdin des méthodes éprouvées. Il y a des familles de champignons redoutables capables de réduire à néant une récolte, comme le mildiou de la vigne et de la pomme de terre, les rouilles ou autres pathogènes des céréales ou la tavelure de la pomme. 

Y a-t-il de nouvelles avancées prometteuses ? 

Oui elles sont nombreuses. Ainsi pas plus tard que la semaine dernière à Tours, l’Institut français du vin d’Amboise a fait état de résultats encourageants venant de l’infiniment petit. Des micro-organismes ont été identifiés comme ayant une action fongicide comme le botrytis en occupant le niche écologique de ce pathogène qui fait pourrir la vigne. Toujours à Amboise, les équipes ont extraits des polyphénols des sarments de vigne efficace sous conditions contre le mildiou. Raisonnablement on peut donc considérer que l’agriculture va pouvoir développer de nouvelles solutions de protection des cultures crédibles et durables.

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