Le dossier de Terre de Touraine

Le samedi à 7h42

Terre de Touraine
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le dossier de "terre de Touraine"

Si la semaine dernière Philippe, vous avez choisi d’éviter le sujet du coronavirus, cette fois vous n’y coupez pas !

Oui, même si vous, moi, les auditeurs aimerions avoir autre chose en tête, comme l’arrivée du printemps, le virus est notre plus petit dénominateur commun. Nous allons parler agriculture mais avant  je voudrais au nom de toute notre rédaction apporter notre salut fraternel à tous nos concitoyens affectés par le virus et dire toute notre considération et notre admiration pour les personnels de santé.  

Cette crise sanitaire comment impacte-t-elle la vie des agriculteurs ? 

Leur sentiment est mitigé entre la crainte pour leur proches, leur pays, parfois la survie de leur exploitation. Mais aussi le sentiment d’une fierté retrouvée. 

Oui car s’il y a une constante, en période de crise la nécessité de se nourrir revient au premier plan des préoccupations de la population. 

Respirer, boire, manger, être soigné, c’est la pyramide des besoins qui donne le tempo. Depuis une semaine une vague de consommateurs a submergé les rayons des magasins d’alimentation, un tsunami  renforcé par les fermetures des points de restaurations hors foyer. Les réapprovisionnements sont opérés de nuit pour limiter les contacts. Les circuits commerciaux se réorganisent souvent avec des grincements, notamment dans les fermes qui livraient les collèges,  les lycées. 

Mais vous l’avez dit, tout le monde a besoin de manger…

Oui et pour les producteurs de légumes, de fruits, ça se bouscule au portillon. Tout le monde veut du « local ». Les citadins qui ont réinvestit leur résidence secondaire ont fait le plein en arrivant. Jérôme  Tarnier, maraîcher de Beaulieu-lès-Loches le vit avec son équipe depuis une semaine. « On pourrait vendre dix fois plus que ce qui est cueilli. » En arboriculture, Sébastien Delareux de St Aubin le Dépeint a vu repartir les expéditions de pomme  comme une trainée de poudre. « Mais dit-il nous pourrons difficilement faire plus. Il faudrait embaucher du personnel supplémentaire mais nous sommes limités dans la station de conditionnement par les distances de sécurité à respecter entre les opérateurs. » 

Faut-il craindre une flambée des prix ? 

Eric Bonvin à Lignières confirme la forte demande et se réjouit de voir les exportations de pommes se maintenir sur l’Angleterre. Mais en professionnel expérimenté il surveille aussi les prix en grande surfaces.  «On vend davantage en France,  mais pas plus cher départ station que la semaine dernière tient-il à préciser sans être sûr que la GD n’en profite pas pour augmenter sa marge au passage. Aux pouvoirs publics d’y veiller. 

Y a-t-il des productions affectées par la situation

Oui plusieurs, mais avant, de répondre je voudrais aussi avoir une pensée pour tous les salariés de la production agricole et de l’agro-alimentaire, pour les chauffeurs, tous vont au travail avec les difficultés  de la vie quotodienne, dont les garde-d’enfants. Sans eux, les filières d’approvisionnement s’arrêtent. Concernant les filières justement touchées, il y a des soucis de stockage indirect à gérer. Par exemple, la laiterie de Verneuil qui voit les commandes  de beurre s’envoler. 

Oui mais quand on fabrique du beurre, on produit aussi de la poudre de lait non ! 

Oui et la poudre de lait est un produit d’exportation, exportations qui sont en panne. La montagne de poudre enfle et tout stockage est coûteux. Le Lait UHT  se vend très bien, les chaines tournent à fond et comme toute industrie, les laiteries ne sont pas à l’abri d’une panne. L’usine ne peut s’arrêter car le lait arrive chaque jour des fermes. Philippe Bruneau, le président de la laiterie rappelle que Verneuil,  ne pourra stocker en cas d’arrêt que trois jours d’arrivage de lait. 

Vous parliez d’autres productions agricoles impactées

Oui, toutes celles commercialisant vers des circuits de vente actuellement fermés. Deux notamment sont en première ligne, la viticulture et l’horticulture. Si vous être un brin jardinier Adrien, ça vous  titille peut-être d’attaquer votre potager. S’il se vend toujours des plants de légumes sur les marchés de plein air, quid des jardineries fermées. Avec l’arrêt des activités des paysagistes, les commandes de plantes à massifs sont aussi taries. Les pépiniéristes  se retrouvent l’arme au pied avec des millions de plantes en pots. 

Vous a avez cité aussi  des vignerons, mais la consommation de vin n’est pas interdite. 

Non bien sûr, mais tous les viticulteurs spécialisés, et ils sont nombreux, sur le créneau des cafés, hôtels, restaurants, qui vendent chez les cavistes ou exportent n’ont plus de rentrées d’argent. Et puis  je voudrais aussi terminer en disant un mot des productions saisonnières comme l’asperge. Avec la pénurie de main d’œuvre locale désireuse de travailler dans les champs, les producteurs d’asperges, de melon, les vignerons ont recours depuis des années à des  travailleurs étrangers ; essentiellement bulgares. Et pour l’instant l’incertitude plane sur leur venue ou pas.   

Peut-on craindre une pénurie alimentaire ? 

Dans l’immédiat pas, le riz importé va peut-être manquer mais il y aura toujours les denrées produites en France. La profession est organisée, dispose de silos, de frigos. Avec le printemps, les agriculteurs  vont s’affairer ce we au semis, et bientôt à la fauche de l’herbe, à la protection des vignes contre le gel, chacun à son poste. Notre pays à cette chance d’avoir une agriculture variée, répartie sur tout son territoire et parfois il l’oublie. Comme me l’a  confié un producteur, « en quelque sorte cette crise replace l’église au centre du village ».  

Philippe, hier Terre de Touraine n’est pas arrivé partout dans les boîtes aux lettres

C’est juste, le service postal est interrompu ou partiel, nous espérons que tous nos abonnés pourront être servis de cette édition. Mais tous peuvent lire l’édition numérique sur notre site terredetouraine.