Le dossier de Terre de Touraine

Le samedi à 7h42

Semis de blé
Semis de blé - Raphaël Caspi-Torrent

Semis de blé : du pain sur la planche pour les agriculteurs de Touraine

Diffusion du samedi 7 décembre 2019 Durée : 2min

C’est d’actualité : avec les pluies des dernières semaines, les champs sont gorgés d’eau et les agriculteurs ont du mal à terminer leurs semis d’automne…

C’est une situation préoccupante car ne l’oublions pas, la Touraine est d’abord une terre de blé : vous avez 100 000 ha de blé tendre d’hiver semés tous les ans sur un total de 300 000 hectares cultivés, cela représente donc le tiers de la surface agricole du département !

Résultat : « quand le blé n’est pas levé, l’agriculteur tourangeau dort mal ! »

Petit rappel pour nos auditeurs, pouvez-vous nous dire à quelle période on sème le blé en général ?

Ça ne mange pas de pain de le rappeler : contrairement aux cultures de printemps (maïs, tournesol, betteraves), le blé est en général semé à l’automne, à partir du mois d’octobre

Quand on parle de blé, il faut bien voir qu’il existe en réalité plusieurs variétés parmi lesquelles le blé tendre, qui sert à fabriquer la farine et donc le pain, et le blé dur qui entre dans la composition des pâtes et de la semoule

N’oublions pas que la France est le 5ème producteur mondial de blé = aujourd’hui 5% du blé produit sur la planète est français !

Qu’en est-il réellement sur le terrain ?

La Chambre d’agriculture estime qu’entre 25 et 30 % des surfaces prévues en blé n’ont pas pu être semées mais la situation est très variable d’un secteur à l’autre et selon les types de sols : globalement c’est le centre et le sud de la Touraine qui sont les plus impactés, avec un différentiel de 100 mm de précipitations comparé au nord de la Loire.

Ajoutez à cela la sécheresse de cet été qui fait qu’on se retrouve avec une implantation partielle du colza par rapport à ce qui était prévu, et vous comprenez pourquoi la récolte 2020 s’annonce compliquée.

Alors que vont faire les agriculteurs pour compenser ?

Beaucoup ont profité de l’arrêt des pluies cette semaine pour tenter de finir de semer le blé mais tous n’ont pas réussi.

Pour les parcelles où ce n’est pas possible, à la place du blé, les agriculteurs vont se tourner vers des cultures de remplacement : alors ça peut être de l’orge de printemps, des féveroles notamment mais aussi à partir d’avril du maïs, sorgho, tournesol… avec le risque d’une nouvelle sécheresse qui pourrait à son tour pénaliser les cultures d’été.

Heureusement dans l’ensemble, les agriculteurs gardent le moral, et même leur sens de l’humour : comme Alexis, agriculteur à Bléré qui écrit sur le WhatsApp des Jeunes agriculteurs d’Indre et Loire : « J’ai Taureau ailé qui vient de m'appeler pour un contrat de riz », ce à quoi son collègue Fabrice de Villeloin Coulangé a répondu : « Moi c’est parti les gars je me lance dans l’élevage d’escargots et de grenouilles » !

Affaire à suivre donc, on veille au grain…