Le dossier de Terre de Touraine

Le samedi à 7h56

Viande, charcuterie, produits locaux...
Viande, charcuterie, produits locaux... © Radio France - Philippe Viallon

Consommation de viande : enjeux écologiques, économiques et sociétaux

Diffusion du samedi 26 octobre 2019 Durée : 3min

Quand on s’apprête à parler de consommation de viande, il faut rappeler que l'Homme est un mammifère omnivore

La nature a doté les humains d’une grande faculté d’adaptation notamment en matière de nourriture. Nous pouvons manger de tout ou presque. Les chasseurs cueilleurs, nos ancêtres mangeaient plus souvent des racines et des nèfles que du filet de biche et puis on est arrivé aux rayons alimentaires des magasins qui regorgent de denrées où chacun fait ses emplettes selon ses goûts et ses moyens. Et comme le niveau de vie à globalement augmenté, la  part de la viande n’a cessé de croître jusqu’à arriver au point de se demander si tout cela était bien raisonnable.

Manger trop de viande serait-il néfaste pour le climat ?

Trop c’est certain. Tout dépend de la viande consommée. Les pâturages sont des réserves de biodiversité, des puits de carbone et des filtres de l’eau. La viande produite près de chez vous n’a pas le même bilan que s’il est traverse les océans pour venir dans votre assiette. 

Ceci dit la controverse est lancée d’autant que les pratiques d’élevage sont aussi remises en cause parfois

Le sujet a pris suffisamment d’ampleur pour que les instituts d’élevage et le CNRS chargent une agronome docteure en sociologie d’une étude présentée au personnel du centre Inra à Nouzilly.

Elsa Delanoue a cartographié les remises en cause de l’élevage avant d’analyser localement des projets d’installations et de modernisation et de croiser les regards. Y a-t-il convergence entre les attentes de la société et les projets des éleveurs ? Le public se trouve placé dans le rôle du juge entre les éleveurs et des adversaires en désaccord avec les pratiques d’élevage, voire de la notion même d’élevage.

Les éleveurs sont-ils acculés ? 

Non loin de là. Selon Elsa Delanoue, la profession a des leviers à sa disposition pour rallier le public à sa cause : réduire la marge d’incertitude avec des arguments forts, contrôler l’image pour gagner en confiance. Le troisième enjeu, c’est l’évolution normale du temps et des mentalités et la construction de nouveaux consensus sociaux. Dans la tête des éleveurs, les enjeux se bousculent : portent sur le bien-être animal , l’environnement et les aspects sanitaires. Des notions qui évoquent l’éthique, la douleur, les antibiotiques, le confinement, l’intensification. La notion d’environnement renvoie aux nuisances, à l’eau, aux gaz à effet de serre, à la biodiversité mais aussi au gaspillage.

Et le citoyen consommateur dans tout ça ? 

Quand on débat il est toujours bon de poser les chiffres sur la table. Selon l’étude de la sociologue, 98% des consommateurs déclarent manger de la viande, et 0,1% se déclarent végétaliens, ceux que les médias appellent du mot anglais vegan, des personnes ne consommant aucun produit d’origine animale. Entre les deux on trouve les végétariens acceptant les produits laitiers. Mais ce qui est intéressant c’est la tendance. Si 7 personnes sur dix ne pensent « ni réduire, ni cesser de consommer de la viande », plus de 25% des moins de 25 ans envisagent de cesser leur consommation et 18 % pensent la diminuer ; ce sont les flexitariens

Quel scénario pour l’élevage demain ? 

Difficile de dire. La sociologue Elsa Delanoue évoque le scénario de crises multiples, l’avènement de l’ère des végétaliens, le tsunami de la Junk-food, ou bien l’instauration de démarches collectives, le scénario des locavores mangeant moins de viande mais mieux. La réponse reste en suspens.

Pour en savoir plus, retrouvez le dossier complet de l'hebdomadaire Terre de Touraine.