Replay du samedi 28 novembre 2020

Touraine : Energies renouvelable et agriculture

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L'agri-voltaïque : les agriculteurs de Touraine s’intéressent à ce nouveau type d'installation d'avenir.

Panneaux photovoltaïques sur toit de hahgar agricole
Panneaux photovoltaïques sur toit de hahgar agricole © Maxppp - Collection Watier/Maxppp

Philippe récemment vous nous avez parlé d’énergie éolienne et aujourd’hui vous revenez sur le sujet énergétique mais pour évoquer l’électricité solaire au sol. 

Oui alain, parmi les énergies renouvelables le solaire tient la corde y compris au nord de la France. Mais les projets changent d’échelle. Jusqu’à présent la pose de panneaux photovoltaïques a essentiellement concerné les toitures existantes ou neuves parmi lesquelles des hangars agricoles. Et c’est une bonne formule pour amortir une surface couverte utile, abritant du fourrage ou du matériel. 

Mais ce qui inquiète le monde agricole, c’est la consommation de foncier à des fins de production d’énergie. 

Une inquiétude toute normande, à la fois « non et oui ». Certaines formes de solaire sur des sols à faible potentiel permettant un peu d’élevage reçoivent un accord du bout des lèvres des organisations agricoles. Notre quotidien régional, la NR a publié un article sur un projet d’une centrale solaire australienne près de Château Renault. Elle pourrait occuper 40 ha de panneaux en 6 blocs dilués sur 160 ha. Sa production potentielle serait l’équivalent d’une bonne vingtaine d’éoliennes ou de 1200 toits de hangars. Le projet prévoit l’installation d’un berger ;  le solaire préservant une pousse d’herbe suffisante afin d’y élever des moutons. 

40 ha c’est une surface très conséquente. 

Oui pour mémoire le site actuel d’Avon-les-Roches, installé dans le Ruchard s’étend sur 30ha. Pour rentabiliser les équipements annexes comme les raccordements au réseau, l’énergie solaire occupe de grandes surfaces. 

Et si l’on compare avec l’éolien, qui fait aussi débat en Touraine ? 

Eh bien une installation photovoltaïque mettra trois ans pour produire l’énergie dite « grise » qu’il a fallu pour la construire. A raison de mille heures par an, elle produit finalement 10 fois plus d’énergie qu’elle n’en a consommé pour sa fabrication. Pour une éolienne, qui utilise quelques ares de foncier et tourne 2 000 heures par an, l’énergie grise est ramenée à moins de douze mois pour un rendement de 20 pour un. Les 40 ha de panneaux solaires envisagés correspondent à la production d’une vingtaine d’éoliennes. 

Mais alors quel est le point de vue de la profession agricole l’agri-voltaïque? 

Sur le terrain, les propriétaires, les agriculteurs, les collectivités territoriales sont financièrement intéressés par ces installations. C’est donc au collectif de veiller à l’intérêt général. 

Pour les organisations agricoles le solaire doit être installé en toiture, en ombrières de parking ou bien au sol sur des friches industrielles ou d’anciennes carrières.  Sur le projet d’Auzouer-en-Touraine, la chambre d’agriculture n’a pas rendu son avis mais ses élus ont voté unanimement une motion. Franck Mallet, le responsable de la commission urbanisme est très clair sur le sujet.  Je cite ; « La préservation des productions agricoles et forestières déjà entamées au-delà du raisonnable en France est une priorité. Si des projets agrivoltaïques voient le jour malgré tout, ils devront coupler une activité de production agricole significative et durable. L’agri-compatibilité de ce projet solaire devra être mesuré avec des éléments techniques et économiques cohérents. » 

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