Replay du samedi 5 décembre 2020

Plus de 40% de cultures riches en protéines d'ici 2030

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Toujours plus de protéines dans les cultures françaises pour nourrir "mieux" nos animaux, les humains, et réussir le pari de l'agro-écologie...

Plus de cultures, plus de protéines
Plus de cultures, plus de protéines

Philippe ce matin vous avez retenu dans l’actualité agricole, l’annonce d’un grand plan protéines pour la France

Oui comme une arlésienne sortant du bois ce plan protéines arrive « ENFIN !» déclare la profession agricole qui le réclame depuis des lustres ? Elle y voit une bonne façon de diversifier les productions, de s’affranchir de la dépendance aux importations de soja et de réussir le pari de l’agro-écologie. 

Mais de quoi parle-t-on au juste concrètement ? 

Je schématise, pour nous nourrir, pour élever des animaux nous avons besoin de trouver dans les aliments, de l’énergie et des protéines pour former et développer nos muscles. L’énergie est fournie par l’amidon des céréales, des sucres et des graisses animales. Quant aux protéines, on en trouve notamment chez les viandes, les produits laitiers et de nombreuses plantes. Dans nos assiettes, ce sont les lentilles, le lupin, les pois, les fèves… 

Et dans les auges des animaux on met aussi des pois, des fèves non ? 

Tout juste on y ajoutant aussi à ces protéagineux, des légumineuses de la famille des trèfles ou de la luzerne et puis des tourteaux également..

Ne me dites pas qu’après les farines animales on fait manger des crabes aux vaches… ! 

Je ne vous le dis pas car là en l’occurrence, il s’agit de granulés gras issus de l’extraction des huiles des graines de colza, de coton, de tournesol et de soja. Le soja produit en Amérique étant de loin le plus dosé en protéines. L’élevage mondial est dépendant des Amériques. Une pénurie ou un embargo comme celui décrété par Nixon en 1973 a traumatisé les européens. En 2020 cette crise sanitaire montre la vulnérabilité des pays trop dépendants d’importations. D’où ce plan protéines, doté de 100 M€. 

Philippe pour l’autonomie protéique maintenant je vous reçois 5 /  5 mais en début de chronique vous avez parlé « de réussir le pari de l’agroécologie » et là, je perds un peu le fil. 

Oui et cela mérite explications. L’allongement des rotations de cultures dans les champs est un moyen très efficace pour réduire la consommation en phytopharmacie, notamment celle les désherbants, mais aussi des produits contre les maladies et les insectes. En ouvrant de nouvelles perspectives à la ribambelle de plantes riches en protéines, c’est tout un nouvel horizon agronomique qui se dégage. D’autant plus qu’en ayant la propriété de fixer l’azote de l’air, elles en font bénéficier les cultures suivantes comme le blé, d’où une belle économie d’engrais. 

Et en termes d’objectifs chiffrés ça donne quoi ? 

Aujourd’hui, les surfaces dédiées à ces cultures représentent 1 million d’ha en France. « L’objectif, c’est plus 40% en 2023 pour d’atteindre 2 millions d’ha d’ici 2030. 

Mais Philippe dans les protéines que nous mangeons, il y le poisson aussi… 

Tout juste. Ceux des océans se débrouillent pour l’instant tout seuls mais l’aquaculture pourrait profiter comme l’élevage d’un autre axe du plan protéines, la production de farines d’insectes. 

Dans nos assiettes aussi ? 

Peut être un jour qui sait, ça se fait déjà, alors bon week-end et bon appétit et surtout prenez soin de vous et des autres ! 

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