Replay du samedi 16 janvier 2021

Les agriculteurs tourangeaux ne cessent pas de nous étonner !

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Terre de Touraine avec Philippe Guilbert, qui nous entraîne à la découverte de la nouvelle agriculture ! Celle qui produit de la nourriture mais aussi de l’énergie... Deux belles rencontres chez nos agriculteurs...

L'agriculture fait d'une pierre deux coups !
L'agriculture fait d'une pierre deux coups !

Je vais vous vous relater tout simplement deux rencontres que j’ai faites l’an dernier. Pour la première je vous emmène au Louroux, S’il y a une commune au Centre de la Touraine ça doit être celle-ci. L’élevage du Champ Durand y produit des porcs charcutiers. Ça n’est pas un petit élevage, mais pas un géant non plus. Avec 400 truies, l’éleveur et son équipe élèvent 12 000 porcs par an, on est loin, très loin des derniers élevages chinois livrant près d’un million de cochons par an. 

Et je suppose que comme la plupart des éleveurs tourangeaux, l’éleveur dispose de la surface agricole nécessaire pour nourrir son petit monde et épandre le lisier. 

Tout juste et c’est une particularité de la Touraine de pouvoir nourrir en grande partie ses cochons avec les céréales et les protéagineux de la ferme et de fertiliser ses champs en retour sans excès. Sauf qu’ici, deux installations novatrices ont été construites, un méthaniseur produisant du gaz naturel et une nouvelle porcherie où les cochons s’ébattent sur une litière de paille. 

Les méthaniseurs, ce n’est plus un scoop en agriculture, on en dénombre une vingtaine de je crois en Indre et Loire…

Oui sauf que cette unité reçoit les effluents de trois élevages, ceux des porcs mais aussi ceux livrés par un aviculteur et un producteur de lait voisins. Mais l’originalité n’est pas là, elle réside dans l’injection directe du gaz naturel dans le réseau. Une première en Indre et Loire, soit l’équivalent de la consommation énergétique annuelle d’un gros bourg de 1500 habitants. 

Et puis il y a une cerise sur le gâteau, si je puis dire…

Vous pouvez car la litière des porcs reçoit aussi les menues-paille, vous savez ce nuage poussiéreux qui suit la moissonneuse. Et bien il est riche en graines de toutes sortes et leur passage dans le méthaniseur les inactives et c’est autant d’herbes concurrentes qui ne seront pas à détruire dans les cultures suivantes. 

Vous aviez parlé d’une autre visite marquante Philippe...

Oui cette fois cap sur le nord du département, à Channay sur lathan où la famille Huet produit du lait. Sébastien Huet a retenu une valorisation originale de la chaleur issue de la méthanisation. Ici pas d’injection du gaz en réseau mais une formule plus classique. Le méthane produit sert de carburant à un gros moteur générateur électrique. Le courant est vendu au réseau et la chaleur qui ne réchauffe pas le méthaniseur se transforme en protéines. 

Mais par quelle magie Philippe réussit-on cette diablerie digne de Nicolas Flamel !

Ne nous emballons !  Ici pas de transmutation alchimique mais tout simplement le réchauffement à 28°C d’une serre à spiruline. Cette cyanobactérie alimentaire, reine des rayons diététiques a besoin de cette chaleur pour synthétiser ses acides aminés en puisant dans l’eau fertile où elle flotte. Reste ensuite à la collecter, à la sécher pour proposer une poudre dosée en protéines à près de 70%. 

Et tout ça à partir de fumier et le lisier….

On peut faire ce raccourci et conclure en disant que les agriculteurs tourangeaux n’ont pas fini de nous étonner !