Replay du samedi 23 janvier 2021

l'agriculture tourangelle en déprime...

- Mis à jour le

la semaine tourangelle a été marquée par une manifestation d’agriculteurs qui n’est pas passée inaperçue.

l'agriculture déprime...
l'agriculture déprime...

Pour faire un parallèle météo, au centre de Tours, mardi,  il y a avait du vent dans les voiles poussé par une grosse dépression agricole. 

Oui une centaine de tracteurs place Jean Jaurès, c’est un signe de malaise

Des tracteurs mais aussi des machines à vendanger, car les vignerons se sont associés au mot d’ordre lancé par le syndicat agricole majoritaire la FNSEA Centre Val de Loire et les JA. Les agriculteurs sont venus de toutes la région pour informer la population des multiples assauts réglementaires subis par leur profession. Une manifestation pour remettre pendules à l’heure sur les engagements des grandes enseignes de la distribution. Des mois après la mise en application de la loi Egalim qui devait rétablir l’équilibre avec les grandes surfaces, les agriculteurs estiment que le dossier piétine. Ils entendent défendre une juste rémunération du travail agricole par le partage de la valeur ajoutée. 

Mais vous nous avez dit que le malaise avait d’autres sources.  

La déprime agricole vient aussi de la pression réglementaire qui semble n’avoir pas de fin. La politique agricole commune de l’Union européenne a façonné l’agriculture et garantit l’autonomie alimentaire du continent ce qui était loin d’être acquis après 1945. Les agriculteurs français sont acteurs d’un marché commun et revendiquent des règles communes dans toute l’Union. Mais l’Hexagone s’est fait le champion d’une sur-réglementation nationale qui plombe la compétitivité de la ferme France. Leur revendication mainte fois répétée c’est toute la réglementation communautaire mais rien que la réglementation communautaire sans surenchère nationale à vocation électorale. 

Et l’environnement est au cœur de ce mécontentement ?

L’environnement non mais la sur-réglementation environnementale oui. Un exemple, la récente extension du linéaire d’enherbement des bernes de fossés imposée par décision de justice fait perdre 2500 hectares de cultures et donc de récoltes à la ferme Touraine. En additionnant ce qui existait déjà en bordure de cours d’eau et aux abords des habitations, ce sont 5000 ha du cultures qui sont supprimées sans compensation. C’est comme rayer d’un trait de plume 40 fermes, la nourriture qu’elles produisent et les emplois directs et indirects qu’elles génèrent. On peut y ajouter toute l’emprise foncière déjà absorbée par la ligne à grande vitesse et l’élargissement de l’autoroute A10.

Et l’on a pu lire aussi sur une longue banderole : « bio et non bio même combat » accrochée sur un petit train 

Oui l’initiative est à mettre au crédit des arboriculteurs de Lignières qui ont choisi de communiquer positivement en venant avec deux petits trains remplis de pommes pour sillonner la rue nationale avec un slogan fédérateur : venez croquer nos pommes, un geste d’amour envers ceux qui vous nourrissent et un geste citoyen pour dire stop au dénigrement des activités agricoles. Les tourangeaux rencontrés, nombreux à se faire photographier avec les producteurs, ne se sont pas fait prier pour mordre à pleines dents dans le fruit défendu.