Replay du samedi 20 février 2021

Touraine : Nos forêts et nos arbres sont malades...

- Mis à jour le

La forêts et les arbres souffrent en Touraine....Le climat et les maladies font des ravages, mais les nouvelles générations d'arbres laissent encore de l'espoir

Nos arbres souffrent...
Nos arbres souffrent...

Philippe aujourd’hui vous quittez prés et champs pour nous emmener faire un tour en forêt. Pour prendre un grand bol d’air ? 

En tout cas et évoquer notre édition de vendredi en forme de bulletin de santé forestier

Pourquoi notre forêt est malade ? 

Disons qu’elle n’est pas au mieux de sa forme. 

Et que lui arrive-t-il ? 

Eh bien feuillus et résineux commencent à accuser sérieusement les assauts du climat. On ne parle plus de la tempête Lothar de 99, mais des sécheresses et des canicules récurrentes. 

Quels sont les signes visibles de cet affaiblissement ? 

Oh il suffit de lever la tête et d’observer les frondaisons. Quand les houppiers sont touffus avec de multiples branches et brindilles vivantes, aucun souci à se faire. Mais s’il est clair, voire squelettique, c’est le signe d’une mort prochaine. 

Et tous les arbres sont-ils atteints ? 

Non tout dépend de l’essence, de la qualité du sol et de la position de l’arbre ; isolé ou en massif…Le majestueux chêne sessile et les pins maritimes des forêts domaniales pour l’instant tiennent le choc. Mais le chêne pédonculé, pionnier des espaces ruraux, l’arbre paysan par excellence, tout comme le pin sylvestre, ne sont pas au mieux de leur forme. Les forestiers estiment qu’un tiers d’entre eux est mal en point. Des arbres souvent situés sur des landes anciennement cultivées ou dans les bois du sud lochois et du nord-ouest tourangeau. 

Mais Philippe, le climat n’est pas seul en cause. Des maladies s’attaquent aux arbres aussi. 

Oui mais c’est aussi une conséquence d’un climat qui change. Parasites et champignons pathogènes en profitent. Après les ormes, on peut dire que le temps est désormais compté pour les châtaigniers et les frênes. 

Et moi j’ai une question existentielle sur le devenir du hêtre ? 

Qui pourrait ne plus être… ! Pour poursuivre sur votre mot d’esprit cher Alain, je dirais que la nature entame en hautbois son requiem avec les hêtres. Ces compagnons du chêne … 

…qui ne manquent pas de charme…

vont être repoussé en altitude comme le pin Douglas contraint à regagner ses pénates limousines. 

Quelles sont les conséquences concrètes ? 

Les particuliers propriétaires pratiquent ou pas une gestion au cas par cas. Quant à l’Office des forêts de Loches à chinon, il priorise la récolte des chênes avant qu’ils ne perdent de la valeur tout en sécurisant les espaces publics par des coupes préventives aux abords des sentiers. 

Mais tout c’est un peu déprimant, ça signifie la fin de la forêt tourangelle…

Non pas du tout car les forestiers travaillent sur le temps long. Ils installent des réseaux d’observation.  Et dessinent déjà avec l’Inrae la nouvelle forêt testant différents génotypes selon l’origine des bois et leur âge aussi. 

On pourra donc continuer de se promener dans les bois...

Nous mais surtout les générations suivantes. Ils auront la chance d’évoluer dans des forêts plus diversifiées avec des arbres de sous étages nombreux comme les charmes, les cormiers, les alisiers. Mais aussi à l’ombre de nouveaux venus supportant chaleur et sécheresse ; de nouvelles espèces de pins, des cèdres et des chênes de Haute Provence.