Replay du samedi 3 avril 2021

Le monde agricole manifeste son mécontentement pour défendre le droit à l'irrigation....

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Décisions de Bruxelles, contestation de la PAC 2023...les agriculteurs tourangeaux souffrent et veulent être entendus !

Terres de Touraine
Terres de Touraine

Malgré l’intensité des travaux des champs, les agriculteurs ont repris le chemin des manifestations

Oui après l’Aquitaine qui s’est mobilisé le pour défendre le droit à l’irrigation, c’est au tour du Centre Val de Loire de rassembler ses troupes. Elles sont mobilisées pour contester la déclinaison française de la PAC 2023. Le mot d’ordre est qu’il leur est impossible de subir de nouvelles contraintes environnementales avec une régression du montant des compensations. Une équation intenable quand les conditions de production diffèrent d’avec l’Espagne ou l’Allemagne. Impossible aussi d’être compétitif en élevage notamment face au Canada ou au Brésil. Et pourtant l’UE signe des accords commerciaux avec le Mercosur, organisation fédérant les agricultures les plus puissante d’Amérique du Sud. Les agriculteurs français, et c’est à souligner, avec les écologistes, craignent entre autres la disparition de l’élevage allaitant. C’est-à-dire des troupeaux de vaches mis au pâturage alors même que les experts du climat rappellent régulièrement le rôle de puits de carbone des prairies. 

Il est aussi question des fameuses zones intermédiaires qui ne perçoivent plus les soutiens de Bruxelles

Exactement. Il faut entendre par zones intermédiaires, des régions de production céréalière qui n’ont pas le potentiel de la Beauce, de la Brie ou de la Picardie. Ces régions, nombreuses en Touraine, percevaient à juste titre la fameuse ICHN, l’indemnité compensatoire pour handicap naturel qui a été supprimée.  Pourtant elles souffrent particulièrement des excès du climat, l’excès d’eau et la sécheresse. Les agriculteurs de notre région, quelle que soit leur production, sont dans une dynamique de transition verte, d’adaptation aux demandes des consommateurs et du marché. Malgré les risques pris et les efforts environnementaux accomplis par les exploitants, le projet de réforme de la PAC s’avère au final très pénalisant sur nos territoires. Pour les organisations syndicales, cette réforme de la PAC c’est à minima 52 M€/an de perte pour notre région alors qu’en moyenne un éleveur de Touraine aura déjà perdu 8 k€ avec la disparition de l’ICHN. 

Et si on lit Terre de Touraine de vendredi, ce combat des agriculteurs contre la libéralisation des échanges est planétaire. 

Exactement nous évoquons en dernière page, l’Inde, pays agricole immense où la crise agraire amorcée en novembre dernier s’intensifie. Les agriculteurs indiens maintiennent la pression sur leur gouvernement pour qu’il abroge les lois agricoles qui libéralisent le secteur. Ces dizaines de milliers de cultivateurs aux portes de New Delhi représentent un défi politique sérieux. La mobilisation des agricultrices indiennes est « l'une des plus grandes réussites de ce mouvement ». Tous se disent victimes d’une crise économique qui a sévit alors même que l'Inde bénéficiait d'une croissance élevée du PIB supérieure à 7 % durant 15 ans. Les écarts sociaux se sont creusés, comme ici les agriculteurs ont vu leur pouvoir d’achat se réduire et leurs dettes augmenter.

Et donc ils n’ont pas bénéficié de l’embellie économique ? 

Non. Pour la jeune génération d’agriculteurs qui aspire à un avenir meilleur, ces orientations agricoles libérales ne sont plus tenables. Le lait se vend moins cher, les engrais, les semences ne cessent d’augmenter, le point de rupture semble atteint. Selon un sondage national près de 40 % des agriculteurs souhaiteraient abandonner leur métier. Le nombre considérable de suicides est une cruelle réalité. Dans ce contexte, les agriculteurs du sous-continent semblent résolus à poursuivre leurs protestations jusqu’au retrait des lois qu’ils jugent anti-agricoles.  Bon we à tous