Replay du samedi 17 avril 2021

Nos vignes et nos vergers impactés encore par le gel !

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Le gel de nos vignes tourangelles et des fruitiers est encore au cœur des préoccupations de nos producteurs et vignerons...Quelle est l'ampleur des dégâts et combien cela va t-il coûter ?

le gel de nos vignes
le gel de nos vignes

, Philippe ce matin c’est encore la météo qui dicte l’actualité agricole avec toutes ces nuits passées par les vignerons et les producteurs de fruits à lutter contre le gel

Bonjour Alain, bonjour à tous, oui on aurait aimé une actualité plus réjouissante mais nous allons reparler du gel du printemps qui a frappé toutes les nuits ou presque les vignes, les vergers et peut être les colzas et les orges depuis le début du mois. Ce sont des viticulteurs et des arboriculteurs épuisés et amers qui sortent de dix nuits éprouvantes. C’est un peu comme si la nature a voulu montrer toute sa capacité de nuisance glaciale sur les bourgeons et les fleurs. 

Est-il possible d’estimer l’ampleur des dégâts ? 

Il est impossible pour l’instant d’évaluer avec précision les destructions sur des bourgeons aux stades d’évolution hétérogènes mais soumis à des températures descendues au-delà de -5°C sous abri. 

L’importance des pertes va principalement se jouer sur le stade de développement des vignes. Avec des températures aussi basses dépassant -7°C au ras du sol, les bourgeons ayant déjà des feuilles étalées ont de gros risques d’avoir été sensibles à ces températures négatives. Les pousses de couleur brunes, nombreuses sont déjà bien visibles. 

Certains avancent des pertes globales à l’échelle d’une appellation allant de 30 à 50% ce qui signifie des destructions à l’échelle parcellaire de 90%. Ceci étant, il y aura une récolte 2021 grâce aux bourgeons non détruits et à la production des contre-bourgeons, le contre bourgeon c’est la route de secours de la vigne. Mais comme toute roue de secours, ça ne permet pas d’aller bien loin et ils produisent surtout des feuilles. La production des contre-bourgeons de certains cépages est quasi nulle. Sur le front des vergers, les arboriculteurs évaluent leurs pertes sur pommes et poires entre 30 et 50%. la filière fruits pourrait perdre cette année « un milliard et demi d’euros. 

Le ministre de l’agriculture est venu parcourir les vignes du vouvrillon, que peuvent attendre vignerons et arboriculteurs de l’état ? 

Une réunion s’est tenue lundi à Paris juste après la venue de Julien Denormandie en Touraine. Pour l’instant rien de concret n’en est sorti mais le gouvernement avance l’idée d’un fonds exceptionnel. Les propositions professionnelles concernent la refonte du système d’assurance qui doit s’articuler avec le fonds de calamité. Le système d’assurance n’est pas assis sur une base suffisamment large et il peu incitatif. Vigneron et arboriculteurs demandent aussi des gestes forts sur les charges financières, c’est-à-dire une impasse temporaire sur les impôts fonciers, une prise en charge des intérêts d’emprunts et des cotisations sociales, un report des encours bancaires et une aide massive aux équipements antigels. 

Pourtant ils ont montré leurs limites. 

Oui mais sans eux, c’est encore pire et il faut penser aux années futures. Le scénario 2021 ne se produira pas tous les ans et chaque hectolitre sauvé sera le bienvenu. Ceci dit, les vignerons lancent à qui veut l’entendre, qu’ils ont de très bons vins dans leur cave. Alors, si le millésime 2021 manquera en partie l’an prochain, le 2020 est disponible. La meilleure façon d’aider les vignerons sera de leur rendre visite ces prochains mois et cet hiver de croquer dans des pommes tourangelles.