Replay du samedi 24 avril 2021

Le colza, une culture bien présente en Touraine

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Il suffit de parcourir des yeux les paysages de Touraine pour voir combien le colza en fleur enchante le printemps avec ce jaune intense et lumineux. Pourtant, le colza ça n’est juste pas là pour faire joli…

Champ de Colza dans le Val de Loire
Champ de Colza dans le Val de Loire - Wikipedia

En plus d’être beau, le colza qui a été semé l’été dernier produira des milliards de petites graines noires riches en huile et en protéines. L’huile est alimentaire mais elle peut aussi être estérifiée pour obtenir un biocarburant, actuellement mélangé au gazole à des proportions diverses. Quant aux protéines, elles sont contenues dans le gâteau gras qui ressort des presses et rejoint directement la ration des animaux d’élevage. Chaque kilo de tourteau de colza arrivant dans l’auge vient en lieu et place du soja brésilien. Le colza contribue à l’autonomie énergétique et protéique de notre pays tout en réduisant la pression sur la déforestation au Brésil. 

Pourtant, ce colza, il a fallu de l’énergie pour le semer, parfois de l’eau pour le faire lever et puis des produits pour le protéger…donc le colza n’est pas totalement vertueux . 

A défaut de formule miracle, il faut toujours choisir entre deux solutions imparfaites. Très rares sont les agriculteurs pouvant se targuer de réussir un colza sans recours à la phytopharmacie. Ceci dit, on peut remarquer que les abeilles sont friandes colza. Sur les marchés les étals des apiculteurs proposent quasi tous du miel de colza et qu’actuellement les ruchers transhumants sont disposés à proximité des fleurs de colza sans constater d’hécatombe. Concernant l’irrigation, elle est rare sur le colza en Touraine. Quand elle est utilisée, c’est surtout pour lui permettre de lever rapidement au mois d’août quand il ne pleut pas. Le colza doit en effet être suffisamment développé à l’automne pour résister aux attaques de ravageurs. Mais là encore, les choses progressent avec l’arrivée imminente de nouvelles variétés adaptées au semis tardifs en septembre quand les pluies reviennent. 

Et pour les biocarburants, ils ne sont pas bio et la culture remplace des cultures alimentaires comme le blé. 

On parle de biocarburant en ce sens qu’il est issu du vivant et non fossile. Certes on peut entendre l’argument sur l’empiètement sur les cultures alimentaires pour fabriquer du carburant. Mais il est partiellement infondé car le tourteau protéique participe à la production de lait et de viande. On peut aussi rappeler qu’avant l’arrivée du moteur à explosion, un tiers des champs étaient cultivés pour nourrir les animaux de traction, les chevaux et les bœufs. Mais je voudrais dire un mot sur les dernières avancées de la filière colza qui s’empare du label bas carbone. En réduisant le travail du sol par la suppression du labour, en semant le colza avec des plantes compagnes fixatrices d’azote et substituant les engrais de synthèse par des fertilisants organiques, le colza bas carbone permet de produire un biocarburant 100% végétal à faible émission de gaz à effet de serre.  L’Allemagne et la Suède en recherchent activement, et pour les agriculteurs de la région qui contractualiseront cette formule, le bonus attendu est au minimum de 20€ par tonne. Reste à convaincre les élus français et les entreprises de transport d’utiliser aussi ce B100 bas carbone « made in France » pour les bus et les camions de l’Hexagone.