Replay du samedi 29 mai 2021

Que pensent les agriculteurs sur la nouvelle PAC qui arrive à son terme ?

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La nouvelle PAC se veut rassurante. Le message des agriculteurs a t-il été entendu ? Répond-elle aux demandes des différents marchés ? Il semblerait que "oui".

La nouvelle PAC se veut rassurante.
La nouvelle PAC se veut rassurante.

Philippe, le grand chantier de la nouvelle politique agricole commune à l’Union européenne arrive à son terme. Qu’en pensent les agriculteurs ? 

Oui on en sait un peu plus sur cette nouvelle PAC déclinée en France sous la forme d’un plan stratégique national ou PSN. Pour Julien Denormandie, le ministre de l’agriculture, le PSN traduit une vision politique tournée vers la souveraineté alimentaire, le sujet dont nous parlions la semaine dernière. La profession qualifie de « rassurants » les premiers arbitrages adoptés. Rappelons qu’il s’agit de l’utilisation entre 2023 et 2027 des fonds européens dédiés à l’agriculture, c’est-à-dire au final à notre alimentation. En résumé, les montants d’aides touchés par les grandes filières ne varieront pas au-delà de 4 %. Pour les grandes cultures et la polyculture élevage, ce sera la stabilité. Les producteurs de lait devraient bénéficier d’un bonus de 2 %, alors que les producteurs de viande bovine devraient voir leurs aides diminuer de 3 à 4 %.

Durant la phase de concertation, la profession n’a cessé de rappeler que le premier objectif de la PAC était de de dégager un revenu à des agriculteurs chargés de répondre aux demandes des différents marchés. Le message a-t-il été entendu ? 

Il semble que oui si l’on en croît les commentaires du ministre. Je le cite : « l’ADN de notre agriculture, c’est la qualité. Cette qualité a un coût, et il faut la rémunérer…. Mais une telle PAC doit aussi soutenir le revenu des agriculteurs ». Plusieurs arbitrages visent à la consolidation des aides directes et de l’indemnité compensatoire de handicap naturel, la fameuse ICHN vitale pour les régions dites intermédiaires comme l’Indre et Loire. 

Le sujet est complexe et l’on peut renvoyer pour les détails au contenu de Terre de Touraine mais peut-on s’attarder sur deux points tout de même : la mise en œuvre d’un plan protéines et le soutien à la transition bio ? 

Le plan protéique est un pilier de la souveraineté alimentaire. La production de viande, de lait est historiquement dépendante des importations de soja. Pour en sortir, il faut produire soi-même des protéagineux, le pois, la féverole, le lupin, le soja aussi et des légumineuses comme la luzerne. Le plan stratégique national prévoit une augmentation croissance des aides aux protéines végétales et le financement de leur filière. Le PSN intègre aussi une aide spécifique au petit maraîchage et un appui complémentaire à une filière bio déjà bien dotée et soutenue par les régions. Son enveloppe va croître de 36% pour atteindre 340 M€ afin de financer la période de transition des nouveaux venus. 

Peut-on revenir sur cette aide aux régions intermédiaires qui intéressent particulièrement les agriculteurs tourangeaux ? 

Selon Julien Denormandie, 30 millions seront redéployés en direction des zones à faibles potentiel agronomique, au bénéfice notamment des systèmes d’exploitation de grande culture et de polyculture élevage. 

Et que reste-t-il à négocier ? 

Trois éléments majeurs en fait. L’assurance récolte qui tremble sur ses bases sous les coups du climat. Le soutien aux filières bovines, le lait et la viande et les éco-régimes. Pour l’instant la profession estime que le schéma prévu est trop contraignant. Pour les céréaliers les contraintes sont incompatibles avec leur assolement et ils vont perdre 60€/ha de revenu. A suivre donc...

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