Replay du samedi 26 juin 2021

Touraine : Notre agriculture subit la colère du ciel !

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La colère du ciel est encore tombée ces dernières semaine sur notre département, laissant parfois nos agriculteurs impuissants ! Pluie, grêle, tornade...Ou s'arrêteront les caprices de la météo ? Une des éventuelles solutions : Minimiser la taille des grêlons pour éviter le pire !

les dégâts causés par les orages de la nuit à Continvoir en Indre-et-Loire - ©Enedis
les dégâts causés par les orages de la nuit à Continvoir en Indre-et-Loire - ©Enedis

Philippe, ce matin vous revenez sur cet épisode météo violent avec ce titre dans Terre de Touraine « la colère céleste meurtrit la Touraine ». 

Bonjour Alain, bonjour à tous. Effectivement en juin la colère du ciel nous a servi un impressionnant cocktail d’aléas climatiques. Pluies torrentielles, vents destructeurs, grêle et puis cette spectaculaire tornade qui a abattu le clocher de St Nicolas de Bourgueil. Heureusement pas de blessés mais d’impressionnants dégâts sur les bâtiments et dans les champs. Vignes, céréales couchées ou hachées menues, pommes éclatées, toitures envolées, murs abattus, témoignent de la violence des éléments. 

Des aléas contre lesquels les agriculteurs avouent leur impuissance …

Oui et non, car passée la sidération, les agriculteurs ont toujours remonté la pente en puisant dans l’énergie collective. La solidarité qui s’exprime à chaque fois le prouve comme ces images filmées au domaine de la Jarnoterie à St Nicolas de Bourgueil où 50 personnes sont venus apporter leur aide. Mais face aux caprices du ciel, les agriculteurs ne restent pas les bras ballants. On l’a vu avec la lutte antigel ce printemps où les équipements nombreux ont permis de limiter les dégâts. 

Oui mais contre la grêle c’est plus difficile

C’est juste et pourtant là aussi les producteurs trouvent des réponses. Les arboriculteurs qui vendent leur fruits sur leur aspect extérieur ont installé des filets paragrêle très efficaces. Et contre la grêle, les vignerons cherchent à réduire son impact destructeur. 

Et par quel sortilège Philippe. En tirant des fusées ? 

Non les fusées sont passées de mode. Désormais il s’agit d’ensemencer les nuages avec des particules d’argent. L’idée n’est pas d’empêcher la grêle de tomber mais de réduire la taille des grêlons. Dans le nuage d’orage, la glace s’agglomère autour de poussières, et donc en théorie plus il y a de poussières plus il y aura de petits grêlons. Le dispositif comprend des diffuseurs qui sont allumés en amont des cultures par des bénévoles sur instruction d’un réseau d’alerte national quelques heures avant les précipitations. Le dispositif est financé par des cotisations de producteurs mais les collectivités, qui on tout intérêt à éviter la casse des biens publics, y contribuent aussi parfois. 

Mais on le voit tout cela ne suffit pas. 

Bien sûr, c’est pour cela qu’il existe un régime de calamités agricoles financé par l’état qui est déclenché à partir d’un certain seuil de perte en cas de sécheresse, d’inondations, de tempête. Il est complété par des contrats privés d’assurance, c’est le cas du gel ou de la grêle en viticulture par exemple. Mais la multiplication des aléas partout en France le fragilise. Les assureurs préviennent qu’ils ne pourront plus couvrir le risque car les cotisations collectées ne couvrent plus les indemnisations. Une refonte complète de l’assurance récolte est en cours. Le gouvernement a commandé un rapport parlementaire qui fait des propositions notamment pour rendre l’assurance plus incitative, quitte, c’est une hypothèse à conditionner l’octroi de certaines aides à la souscription d’une assurance aléas climatiques. Pour l’instant rien n’est calé a indiqué Jean Castex à Cheverny mi-juin. Mais il promet une réponse forte à cet enjeu majeur, les protections des récoltes et donc de notre alimentation. A suivre donc .