Replay du samedi 7 novembre 2020

Consommer local ou au meilleur prix ? Les comportements du consommateur Tourangeau évoluent...

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Manger sain, manger bio...Toujours plus de consommateurs réguliers en Touraine

achats raisonnés et achats locaux
achats raisonnés et achats locaux © Maxppp - Vincent Isore

Bonjour Alain, bonjour à tous. Dites-moi Alain quand vous faites vos emplettes en ce moment, vous êtes plutôt « prix à tout prix » ou résolument locavore ? 

Vous me prenez au pied levé, Philippe, vous pouvez reformuler ? 

Au moment de faire vos achats alimentaires, vous vous rendez -résolument dans les magasins de produits bios ou locaux, sans regarder les étiquettes, ou bien malgré la pandémie, le critère du prix est-il prioritaire ? En résumé votre comportement de consommateur a-t-il un tantinet changé par rapport au printemps dernier? 

Eh bien disons que je suis probablement un peu des deux, à la fois attaché a bien manger tout en surveillant mon budget, mais je vais y réfléchir...

Je vous pose la question car selon une récente étude de l’institut IRI qui suit les évolutions de consommation des français, le consommateur aurait muté entre mars et octobre. Si les préoccupations en faveur du « bien consommer » restent élevées, les consommateurs sont beaucoup plus préoccupés par les prix. Les baisses, parfois brutales de revenu, les craintes du chômage, l’incertitude sur la résilience économique du pays, occupent logiquement une place prépondérante dans les esprits de ceux qui craignent économiquement pour leur avenir. 

Faut-il en conclure que la succession des confinements entraîne des changements de comportements ? 

Difficile à dire, car cet été, une part des français a eu tendance  à reprendre rapidement ses comportements d’avant la crise sanitaire. Mais cette seconde vague, peut être suivie par d’autres, va peut-être amener chacun à revoir ses habitudes. 

Vous qui êtes bien placé pour prendre le pouls des producteurs, qu’en pensent-ils ? 

Nous avons interrogé trois des magasins fermiers d’Indre et Loire. Ils restent confiants en la volonté de nombreux tourangeaux à acheter des aliments produits localement. Le fait que les gens restent chez eux, avec une présence parfois marquée des enfants, incite à la cuisine. Selon l’IRI, 42% des français indiquent faire d’avantage la cuisine à la maison. Que ce soit au K’DI fermier Richelieu, à Tour de Ferme-Joué-lès-Tours ou bien à la Charrette-Chambray, les agriculteurs évoquent tous au final un gain de 10 à 20% de nouveaux consommateurs réguliers. Mais ce second confinement n’atteint pas le niveau d’angoisse découlant d’une crainte de rupture des approvisionnements et c’est tant mieux. De plus beaucoup d’enfants continuent de manger à la cantine, des restaurants d’entreprises fonctionnent, c’est le retour des chaines longues d’approvisionnement. 

Y a-t-il des denrées plus en vogue ? 

Oui manifestement la dynamique joue en faveur des légumes et des protéines animales, la viande dans une moindre mesure des produits laitiers. Mais selon l’IRI, il est encore trop tôt pour affirmer que les français vont diversifier autant qu’au printemps, leurs lieux d’achats alimentaires. 

Merci Philippe pour cet éclairage sur nos assiettes et à la semaine prochaine