Replay du samedi 14 novembre 2020

Touraine : Du champ à l'assiette

- Mis à jour le

Comment faire pour réconcilier agriculture et consommateur ?

Du champ à l'assiette
Du champ à l'assiette © Maxppp - Jean-Blaise Hall

Philippe aujourd’hui nous allons parler contractualisation des filières agro-alimentaires

Oui Alain mais comme ce titre est susceptible de faire fuir quelques auditeurs, on va tout simplement parler du contenu de nos assiettes, de qualité et de nourriture locale. Avec la crise sanitaire, le message des français a été entendu et il rejoint la préoccupation des agriculteurs qui veulent retrouver du sens à leur métier et le cœur des consommateurs. Les transformateurs ont été sensibles à cette communauté d’intérêt. 

En résumé, reconnecter l’amont avec l’aval, le paysan avec le consommateur final, l’alliance de la fourche et de la fourchette en quelque sorte. 

Tout juste, un pacte du champ à l’assiette pour gagner en complémentarité. Et derrière les mots, il y a un partenariat régional entre l’association régionale des entreprises alimentaires et la FNSEA CVL qui viennent de donner le top départ à une collaboration pour relocaliser les filières agroalimentaires en région. 

Oui en mars dernier, le raz-de-marée sur les paquets de pâtes a bien illustré la crainte de manquer de certains de concitoyens. 

Oui et même si la pénurie de nourriture n’était pas fondée, la question de la souveraineté des pays sur toute la planète est posée. Ce sujet est au cœur des enjeux vitaux, car que vaut l’indépendance d’une nation, si ses habitants dépendent du bon vouloir des autres pour se nourrir. Des pays comme la Suisse l’ont compris depuis longtemps, nos voisins alpins classent l’agriculture dans le registre de leur défense nationale. En région, l’agriculture et le secteur agroalimentaire du Centre-Val de Loire (CVL) représentent deux piliers pour assoir cette souveraineté, mais aussi pour réussir la relance économique. 

D’autant qu’en Centre Val de Loire, nous avons la chance de pouvoir produire de tout ou presque…

Eh oui Alain, le Touraine, le Jardin de la France et les départements voisins sont des greniers à blé, à huile, des celliers emplis de lait de viande, de fruits et de légumes sans oublier ?...  

….La cave évidemment ! 

Tout cela distribué en filières courtes, ou longues en suivant des démarches segmentées avec de l’entrée de gamme ou des labels ; la diversité caractérise notre région. Et c’est un atout majeur pour répondre à toutes les demandes. Mais trois défis se posent aux filières alimentaires : Le premier, le développement à travers la qualité. Aujourd’hui, pour le consommateur, le plus grand gage de qualité c’est l’origine locale, régionale voire française. Le deuxième défi, c’est la revalorisation du prix payé au producteur, basée sur une répartition équitable de la valeur.  Troisième défi, celui d’une nouvelle attractivité des métiers de la production et de la transformation de notre nourriture. Aujourd’hui, la région CVL produit plus de 6 % des denrées agricoles françaises, mais n’en transforme qu’à peine 3 %. Le but de partenariat entre producteurs et transformateurs est bien d’agir ensemble pour rapprocher ces deux chiffres. Bon week end à tous et soyez prudents.