Replay du vendredi 9 octobre 2020

Troubles psychiques ? Vous n'êtes pas seul(e,s)

- Mis à jour le

Elles touchent 20 % de la population française. Derrière les chiffres, il y a la réalité des personnes qui cumulent souffrance, retard au diagnostic, stigmatisation, troubles somatiques mal ou non pris en charge, handicap, difficultés à accéder à leurs droits.

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Les Schizophrénies

Aujourd’hui on parle des schizophrénies plutôt que de la schizophrénie car, selon le caractère et l’environnement des personnes, les symptômes de la maladie seront très différents. Ces maladies touchent 1 % de la population dans le monde. Ses symptômes aigus se manifestent le plus souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Elles font partie des maladies psychiques sévères et durables. Une schizophrénie est un fonctionnement anormal de certains circuits neuronaux du cerveau. Ce n’est pas une maladie de l’âme, ni un manque de volonté, ni une double personnalité (maladie très rare à laquelle on continue faussement à associer la schizophrénie).Les différents troubles et symptômes

Les troubles bipolaires

Les troubles bipolaires comportent généralement deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive.Autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire fait partie des troubles de l’humeur auxquels appartient également la dépression récurrente (ou trouble unipolaire). La maladie comporte généralement deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive. Entre les deux pôles, la personne qui souffre de troubles bipolaires retrouve un état normal dans la vie quotidienne.La phase maniaque se définit comme un épisode d’excitation pathologique : la personne est hyperactive et euphorique, inhabituellement volubile et fait de multiples projets. Elle peut présenter divers symptômes comme la perte de toute inhibition ou l’engagement de dépenses inconsidérées.La phase dépressive est en quelque sorte le miroir de la phase maniaque : la personne présente des signes de très grande tristesse, elle est ralentie et n’a goût à rien, parfois elle veut mourir. Le risque principal des troubles bipolaires est le suicide.En France, on estime que le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué, il toucherait 1% à 2.5% de la population. Le diagnostic est souvent long à établir et de nombreux grands dépressifs sont parfois en réalité des bipolaires qui s’ignorent. De plus, il existe de nombreuses formes du trouble, atténuées au niveau des symptômes, qui rendent le diagnostic difficile, les phases maniaques et les phases dépressives n’étant pas toujours caractérisées.

La dépression résistante

La dépression est une maladie mentale courante, 2,5 millions de Français sont touchés chaque année. Si la prise en charge des épisodes dépressifs est aujourd’hui bien codifiée avec une efficacité clairement démontrée des antidépresseurs et psychothérapies, on estime cependant que ces traitements ne sont pas efficaces dans 1/3 des cas.Forme particulière de dépression, la dépression résistante se caractérise par la persistance de l’épisode dépressif malgré au moins 2 traitements antidépresseurs successifs bien conduits ou qui n’évolue pas suffisamment favorablement sous l’influence de ces traitements. Elle concernerait 20 à 30% des épisodes dépressifs majeurs.Mieux la comprendre et mieux la soigner est donc un enjeu majeur. Il existe pour cela des centres experts dépression résistante (réseau Fondamental) qui offrent un réseau de consultations spécialisées dédiées au soin et à la recherche.Ce type de dépression a des conséquences graves sur la qualité de vie du patient. Les symptômes sont invalidants avec un impact très négatif au niveau familial, professionnel, une nette dégradation des relations sociales. Sans prise en charge adaptée, cette forme de dépression augmente le risque d’idées suicidaires et de passages à l’acte.

Les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC)

Le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) est un trouble de l’anxiété. Le TOC se caractérise par des obsessions et des compulsions. Les obsessions sont des pensées ou des images qui surgissent à répétition et qui sont difficiles à chasser de l’esprit. Ces obsessions sont dérangeantes, parfois effroyables ou désagréables. Elles peuvent générer beaucoup de détresse, de peur, de malaise ou de dégoût.Pour essayer de réprimer ou de se débarrasser des obsessions, la personne atteinte se sent obligée d’accomplir des gestes répétitifs, des rituels, appelés compulsions. Les compulsions sont une tentative de contrôler les obsessions par la pratique de vérifications ou rituels.Les obsessions et compulsions provoquent de la détresse et une perte de temps considérable. Elles peuvent interférer de façon significative avec les activités habituelles de la personne, son fonctionnement professionnel (ou scolaire) ou ses activités et relations sociales habituelles.Les rituels compulsifs peuvent occuper plusieurs heures par jour. Malheureusement, les compulsions n’apportent qu’un soulagement temporaire et le cycle obsession / compulsion reprend.Certaines personnes sont aux prises avec tellement de compulsions qu’elles ne peuvent pas quitter leur domicile, pour une quelconque activité professionnelle ou de loisir. Elles cachent parfois leurs symptômes et cela les amène à s’isoler.Obsessions / Compulsions souvent observées

Le Trouble de la personnalité Borderline

La personnalité Borderline est aussi connue sous le nom d’« état limite » ou « état frontière ». L’appréhension de cette maladie est complexe car il est difficile de savoir s’il s’agit d’une maladie psychique à part entière ou d’un trouble de la personnalité. Parfois elle n’est que la première manifestation d’un trouble psychotique.La personnalité Borderline se caractérise par une grande instabilité des relations interpersonnelles, une instabilité émotionnelle, une mauvaise appréciation de l’image de soi, une impulsivité marquée.L’impulsivité se manifeste sous toutes ses formes : sexualité, alimentation, addictions. La mauvaise organisation de la personnalité associée aux symptômes précédents entraîne agressivité, automutilation, tentatives de suicide.L’alternance de périodes pathologiques et de stabilité est rapide et déconcertante pour son environnement. Le malade n’est pas en rupture avec la réalité comme dans d’autres troubles psychiques mais il est gravement inadapté à la réalité.Les troubles commencent souvent à l’adolescence pour continuer à l’âge adulte. Au cours de certains épisodes, l’intensité des troubles associés à certains symptômes peut évoquer une pathologie psychotique ou un trouble bipolaire. Souvent confondu avec le trouble bipolaire (qui concerne l’humeur), le trouble borderline est un trouble des émotions, caractérisé par deux aspects : une plus grande sensibilité et une moins bonne régulation.La quête affective démesurée du « Borderline » entraîne des conflits avec l’entourage qui ne sait jamais où il en est. L’état limite entre le normal et le pathologique est épuisant pour le malade et ses proches. C’est l’association des symptômes décrits qui fait évoquer le diagnostic, mais les symptômes sont parfois déroutants et changeants. Il faut du temps avant de pouvoir confirmer un diagnostic.L’évolution de la pathologie dépend beaucoup de la participation du patient aux soins et de l’acceptation de ses troubles de la personnalité. Les thérapies sont essentiellement psychothérapiques ou de remédiation cognitive, le traitement est donc nécessairement long. Les neuroleptiques serviront uniquement d’appoint lors des crises aiguës ou lors de passages de forte anxiété, d’état dépressif ou d’addiction.
La personnalité Borderline s’intègre dans les troubles graves de la personnalité.

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UNAFAM : 

Union Nationale de Familles et Amis de personnes Malades / handicapées psychiques 

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L'embarcadère

L'association des usagers de la psychiatrie-Auvergne-Rhône-Alpes

Nous sommes là pour conseiller et accompagner toute personne majeure usagère en santé mentale, mais aussi pour

  • contribuer à la dé-stigmatisation des troubles psychiques, et apporter au public une meilleure connaissance de ceux-ci lors d'organisations ou de participations à des événements,
  • s'engager pour le respect des droits des usagers de la santé mentale et plus spécifiquement de la psychiatrie,
  • favoriser la parole autour des troubles psychiques dans un cadre respectueux ( création de groupes d'échanges) ,
  • représenter les usagers de la santé mentale dans toute instance publique ou privée,
  • être force de proposition dans le domaine de la santé mentale,
  • aider au choix de la personne de confiance et à la rédaction des directives anticipées (possibilité de désigner une personne de l'association pour ces responsabilités),
  • donner à la pair-aidance une vraie place sur le territoire.

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GEM : Les Groupes d'Entraide Mutuelle (GEM)

Les Groupes d’Entraide Mutuelles (GEM) sont des associations portées par et pour des usagers en santé mentale ; ils reposent sur le principe de pair-aidance. Souvent implantés au cœur de la ville, ils permettent de se retrouver, de s’entraider, d’organiser des activités visant au développement personnel, de passer des moments conviviaux et de créer des liens.

Ce sont des espaces pensés et organisés au quotidien par les adhérents eux-mêmes, avec l’aide d’animateurs salariés et bénévoles. Par ailleurs, ils n’ont pas vocation à informer ou à soigner. Même s’ils permettent souvent de renseigner ou d’orienter les usagers ou les proches.

Chaque structure est dotée d'un local d'une surface comprise entre 80 et 150 m² incluant une cafétéria, un personnel d'encadrement salarié dénommé « animateurs » et organise une série d'activités qui vont de simples échanges à des ateliers thématiques (activités artistiques comme la peinture, la sculpture, le théâtre, la photographie… ateliers informatique… ateliers de cuisine, de relaxation… ateliers d’écriture…), réunions festives, sorties culturelles, loisirs, voyages ou toute autre activité spécifique entrant dans le cadre de leur projet d'entraide.

À la différence des hôpitaux de jour ou des CMP, les activités se déroulant dans les GEM sont largement portées par les adhérents eux-mêmes, suivant leurs envies et leurs possibilités. Il n'y a ni psychiatre, ni psychologue, ni thérapeute, même s’il peut y avoir des animateurs salariés non usagers. Les GEM sont des lieux non médicalisés. Cela permet aux adhérents de se responsabiliser et de reprendre une confiance en soi souvent fortement ébranlée par les difficultés rencontrées par les personnes souffrant de troubles psychiques.

L'innovation des GEM tient à ce que pour la première fois des personnes présentant un handicap psychique et/ou cognitif ont été invitées par les pouvoirs publics à se responsabiliser en prenant une part active à la définition et à l'organisation d'un projet les concernant : le projet d'entraide du GEM dont ils peuvent librement fixer les modalités.

Les attentes étant importantes, environ 350 GEM ont été créés en dix ans, regroupant plus de 15.000 adhérents sur toute la France. Cf. annuaire et carte des GEM en France sur le site du PSYCOM.