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Le grand bol d'air de Seb

Le samedi de 12H00 à 12H30

Un castell pour l’exemple !

Par le samedi 13 août 2016
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Le grand bol d'air de Seb
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Un castell pour l’exemple !

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Pour laisser sa marque dans l’histoire, un peuple construit souvent des édifices imposants chargés de valeurs censées le représenter. On a vu, laissés à la postérité, des pyramides impénétrables, des arcs de triomphe, des cathédrales gigantesques ou des palais d’orfèvre. Aujourd’hui la tendance est au building audacieux, de sorte que c’est visiblement dans la pierre qu’on laisse le mieux sa trace. En Catalogne, plus que dans la pierre, c’est du haut d’un castell que toute une société vous contemple !

Une histoire qui n’est pas lourde à porter

L’histoire des castells, ces impressionantes constructions humaines, est méconnue et parcellaire. La ville de Valls en Catalogne sud en a toujours été la capitale de mémoire de casteller (c’est ainsi que l’on nomme celui ou celle qui participe au castell). Dès le 18 ème siècle, les jours de fête, les paysans du pays catalan faisaient des castells sur les places des villages pour gagner quatre sous et arrondir les fins de mois. Le travail des champs était le meilleur terrain d’entraînement et produisait des corps bien gaînés supportant ce type d’exercice chargé.

Un castell pour l’exemple - Illustration 2 - Aucun(e)
Un castell pour l’exemple - Illustration 2 - Seb

Il existe également un classement, le « ranquing », qui départage les différentes « collas », les équipes en catalan. Mais les règles d’attribution des points sont tellement floues que personne ne pratique ce sport culturel dans un esprit de compétition.

Une histoire de physique et de maths mis en musique

Un castell se constitue de plusieurs étages et a pour unique but de produire un salut, « l’aleta ».

Il réunit toutes les générations en fonction des morphologies et des aptitudes de chacun. Ce sont de jeunes enfants -d’au moins 6 ans- qui font « l ’aleta » tout en haut. Ils doivent savoir monter doucement mais sûrement avec agilité et souplesse. Leur âge est un atout face à la peur et bien souvent ils s’en retournent jouer aussi vite qu’ils sont montés lorsque le castell est déchargé.

Les plus âgés, eux, sont à la base – on dit à la « pinya » car vue de dessus cela ressemble à une pomme de pin-. Ceux sont aussi ces derniers qui amortissent les chutes éventuelles des collègues des étages. C’est à ce poste que vous aurez le plus de chance d’être recruté car il est le plus évident à accomplir et permet, en faisant le nombre, de monter plus d’étages. Avis aux candidats !

Les « baixos », littéralement « ceux d’en bas », sont au cœur de la « pinya ». Très endurcis ils sont presque en apnée le temps de monter et descendre le castell. Ils peuvent supporter jusqu’à 10 étages de 1 personne à 9 personnes chacun. Un castell de plusieurs étages de 1 personne s’appelle une « pila » (une pile) ensuite une tore pour 2, el tres (pour 3) et ainsi de suite. Quand on annonce un castell de 4 de 7 par exemple il s’agit premièrement du nombre de personnes par étage (4) et du nombre d’étages (7). Si d’aventure on renchérit d’un « amb agulla » (avec une aiguille), comprenez que le castell se verra ajouter en son centre une « pila ». Facile.

La musique sert à donner l’état d’avancée du castell aux castellers de la pinya qui ne voient rien. Le rythme change à chaque fois qu’un étage est dressé.

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Une histoire bien catalane

Les castellers de Baho aiment leur sport pour l’aspect festif, familial et pour la culture catalane. Les mots d’usage ne sont pas traduits ni même traduisibles. Un castell n’est pas une pyramide ou un château. « Quand on parle d’une pizza, est-ce qu’on traduit par tarte à la tomate ? ». Avouez que l’argument est irréfutable.

Mais au-delà de la langue, quoi de plus fort que cette tradition de castell unique au monde. Son élaboration est très difficile car en dehors des aspects physiques, il faut savoir travailler en bonne intelligence avec toutes les générations. La solidarité n’est pas un vain mot. L’égoïsme n’a pas sa place.

Un castell, c’est avant tout le plaisir de faire un effort pour l’autre, pour la beauté du geste, parce-qu’on a su rester à sa place. Une belle leçon de vie qui permet d’ériger des édifices vivants qui ont traversé les âges. Devant un castell il devient humain de croire !

Texte et illustrations de SEB

Un grand merci à Alain Nodet, graller à la passion communicative qui m’a invité à découvrir les castellers del Riberal. Un grand merci à Bernard Casals, président de l’association Aire Nou de Bao et mon guide dans l’univers des castells. Il m’a élevé au rang de fan de sa joyeuse colla ! Je vous invite à venir les rencontrer les 12 et 13 novembre 2016 pour les diadas des castellers del Riberal à Baho, une grande fête gratuite et ouverte à tous ! On a besoin de vous à la pinya !

Les entraînements sont ouverts au public les mardis et vendredis soirs à la Vilbau, complexe Evora, Baho. Plus d’informations sur le site de l’association Aire Nou de Bao www.airenou.cat !

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir l’histoire du chien de transmission de la forteresse de Salses !

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