Replay du mardi 6 avril 2021

Kerozene d'Adeline Dieudonné chez L'Iconoclaste

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Le livre du jour nous vient d’une plume tendre drôle et acérée, celle d’Adeline Dieudonné, de multiples fois récompensée pour son premier roman La vraie vie.

Kerozene d'Adeline Dieudonné
Kerozene d'Adeline Dieudonné - L'Iconoclaste

Le nouvel ouvrage de l'auteure belge, paru chez L’Iconoclaste, s’intitule Kerozene et débute ainsi :

"23h13. Une station service le long de l’autoroute, une nuit d’été. Si on compte le cheval, mais qu’on exclut le cadavre, quatorze personnes sont présentes à cette heure précise."

Ce sont ces quatorze personnages – et le cadavre-  que l’on rencontre un à un au fil du livre. A chaque fois, c’est une surprise. La jeune mannequin qui hait les dauphins et se nourrit de lait cru, la vieille dame étrange en quête de bière, le représentant en acariens ou l’improbable couple Gigi et Pupute. Quel est leur point commun à part de se trouver ici à cette heure ? 

Ils sont tous en mouvement et tous en lutte avec leur destin, essayent d'échapper à quelque chose qui ne leur convient pas. Ils vont utiliser des moyens différents pour s'en sortir, mais c'est vraiment leur point commun à tous. Adeline Dieudonné

Des âmes perdues, des trajectoires chaotiques, parfois tragiques et souvent très drôles. Adeline Dieudonné les plonge volontiers dans des situations aussi absurdes que cruelles, comme pour réveiller notre regard critique sur le monde.

J'aime bien cette férocité. C'est une façon de tordre le coup au réel qui est extrêmement violent et difficile. Il vaut mieux se défouler sur des personnages de fiction. Après, je les aime, j'ai une profonde tendresse pour chacun d'entre eux, ce sont un peu mes enfants. Adeline Dieudonné

Aux humains se mêle un bestiaire d’animaux, comme le cheval de concours Red Apple, la Truie Estelle ou le Dauphin Reiko, qui prennent leur revanche sur une humanité défaillante. 

La leçon est-elle apprise durablement pour les humains de ce livre ? Certains n’en réchapperont pas. Mais pour d’autres, on sort du livre avec une furieuse envie de savoir ce qu’ils feront du temps qui leur reste. 

Ce n'est pas parce qu'ils sont dans ce livre, qu'ils ne peuvent pas réapparaître dans un autre. D'ailleurs Monica, la vieille dame, vient de La vraie vie. C'est un personnage sur lequel j'avais une frustration. Elle quittait le roman assez rapidement et j'avais envie d'en savoir un peu plus sur elle. C'est gratifiant en tant qu'auteur et aussi pour les lecteurs, je pense, de se dire que, d'un roman à l'autre, ils vont peut-être retrouver des personnages qu'ils ont déjà croisés. En tant que lectrice, c'est quelque chose que j'aime énormément. Adeline Dieudonné

Lire Kerozene, c’est entrer dans l’univers tendre, cruel et absurde d’Adeline Dieudonné et découvrir le potentiel captivant de cette auteure pas comme les autres. 

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