Replay du jeudi 1 avril 2021

Le chant du perroquet de Charline Malaval, chez Préludes

La chaleur du Brésil, sa musique, un amour qui rend fou et un pays déchiré par son histoire.

Le chant du perroquet de Charline Malaval
Le chant du perroquet de Charline Malaval - Préludes

Charline Malaval est corrézienne, professeur de lettres et globe trotteuse. Elle enseigne le français à l'étranger et c'est de son passage au Brésil qu'elle nous rapporte « Le Chant du Perroquet » paru chez Préludes.

Le chant du perroquet nous promène entre plusieurs époques.
Dans le Brésil d'aujourd'hui Tiago, journaliste et musicien, rêve de devenir un grand auteur. Par une chaude soirée d'été et de caïpirinhas, il rencontre Julianna. Il en tombe instantanément follement amoureux.  

En la ramenant chez lui, ils entendent des bruits de lutte chez le voisin de palier, le vieux Fabiano. Lorsqu'ils se précipitent pour le sauver, ils réalisent que l'assaillant n'est autre qu'un perroquet, un perroquet dont l'histoire est intimement liée à la femme disparue qu'il a toujours aimé. Le vieil homme leur livre son passé.

Le chant du perroquet est donc une histoire d'amour fou et surtout d'amour qui rend fou. Et c'est justement parce que Charline Malaval est tombée amoureuse de la chaleur du Brésil et des Brésiliens, qu'elle y a imaginé cette histoire sur fond de bossa.

C'est peut-être cliché de le dire, mais c'est vrai. Les brésiliens sont très heureux, très souriants. Ensuite, il y a aussi cette musique qui est absolument extraordinaire. Elle est très importante dans mon roman et très présente dans leur vie. Evidemment, c'est une musique qui ne fait que parler d'amour. Je n'ai pas pu imaginer autre chose qu'une histoire d'amour aussi intense que celle-ci. (Charline Malaval)

Le chant du perroquet est un roman d'autant plus intense qu'il nous fait traverser des périodes historiques, parfois troublées de l'histoire du Brésil. Le vieux Fabiano conte la sécheresse qui touche son Nordeste natal dans les années 50, le départ avec ses parents pour Brasilia, capitale futuriste, sortie de terre en quelques années. Il conte sa rencontre sur la route avec Josepha et leur histoire d'amour jusqu'à Sao Paulo, où Fabiano, à l'usine Volkswagen fabrique la fameuse Fusca, la Coccinelle. Enfin surtout, Fabiano raconte le coup d'Etat militaire de 1964, les escadrons de la mort, la terreur et les disparitions. Une période aujourd'hui encore très sensible pour les Brésiliens.

J'ai essayé de parler de [la période de dictature militaire] quand j'étais là-bas. J'ai l'impression que c'est un sujet qui n'est pas souvent abordé, une histoire assez enfouie, une blessure intime me semble-t-il. J'ai voulu m'emparer de ce sujet. (Charline Malaval)

Tiago aussi, décide de s'en emparer, pour l'écrire, pourquoi pas. Il mène son enquête sur les pas de Fabiano, mais sort du placard des cadavres qu'il ne s'attendait pas à trouver. Une intensité inspirante pour un romancier en devenir qui pense que pour faire un bon roman il faut "se sentir désaimé". Mais, rassurez-vous, c'est avec bonheur que Charline Malaval, elle, nous fait partager ce Brésil qu'elle adore. Avec une passion et de belles pointes d'humour qui rendent son récit plus fort encore.

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