Replay du lundi 19 octobre 2020

Le petit coiffeur. Jean-Philippe Daguerre

- Mis à jour le

Chartres, 1944. Dans le salon de coiffure familial de la famille Giraud, avec délicatesse et non sans humour, de profondes fractures tentent de se refermer. Une petite pièce brillante!

Jean-Philippe Daguerre
Jean-Philippe Daguerre

J'ai lu un livre formidable ce week end: Le petit coiffeur de Jean-Philippe Daguerre, Jean-Philippe Daguerre, le metteur en scène. (Il a d'ailleurs été récompensé par de nombreux Molière, dont le « Molière de l'auteur francophone vivant » pour Adieu monsieur Hoffman.)

Alors, vous allez me dire: ne suis je pas censée vous parler d'un roman plutôt que de théâtre? Eh bien, vous avez raison. Et c'est là que je tire mon chapeau aux éditions Albin Michel, éditions populaires s'il en est, qui publient ce livre.

Faites moi confiance. C'est une pièce qui se lit comme un roman. Il suffit de la lire à voix haute et puis de vous laisser porter par les dialogues qui rendent l'histoire tellement vivante. 

Alors que raconte cette histoire? 

Nous sommes à Chartres en 1944. La guerre se termine dans la famille Giraud dans laquelle on  est coiffeur depuis toujours. Il y a le salon pour femmes, tenu par Marie, la petite soixantaine pimpante; Et puis, il y a le salon pour hommes, qui était tenu par l'époux de Marie, mais celui ci est mort au combat. 

Marie a deux fils, qu'elle aime par dessus tout, Jean, un peu simple, et Pierre, dont elle est vraiment très, très proche. 

Pierre, célibataire, qui n'a qu'une passion, c'est la peinture. Et pourtant, il va reprendre la partie homme du salon de coiffure familial. 

Mais, et c'est là toute l'histoire, mais: aidé par sa mère qui se charge de lui envoyer quelques clientes pour tout autre chose que de la coiffure. 

Et je ne vous dirai évidemment pas de quoi il s'agit, et ce n'est d'ailleurs pas ce à quoi vous pensez. :-)

C'est une histoire délicate, profonde et grave. Parce que derrière le décor léger évoqué, en fait, il est question d'un sujet qui nous tient à coeur ici en Drôme Ardèche: il est question de collaboration et de résistance. Il est question de « justice expéditive d'après guerre », et il est surtout question (Je cite Alain Girodet) de la femme, victime principale de cet exercice  terrible qui consiste à se venger des souffrances endurées. En fait, il est question de la femme « tondue ».

Le petit coiffeur de Jean-Philippe Daguerre  vient de paraître aux éditions Albin Michel. 

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