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Le livre qui vaut le détour

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Une immense sensation de ca calme de Laurine Roux
Une immense sensation de ca calme de Laurine Roux - Le livre qui vaut le détour

Une immense sensation de calme de Laurine Roux éditions du Sonneur

Diffusion du vendredi 8 juin 2018 Durée : 3min

Le livre qui vaut le détour d'Alice de la librairie les Arcades à Lons le Saunier

Alors qu'elle vient  d'enterrer Baba, sa grand-mère, et qu'elle arpente un monde à la  croisée du réel et de l'imaginaire que traversent les plus curieuses  légendes, une jeune fille, la narratrice, fait la rencontre d'un être  sauvage, magnétique, étrange et taciturne, presque animal : Igor, qui  livre du poisson séché à quelques vieilles femmes isolées dans la  montagne. Avec lui elle connaîtra l'amour, décuplé par une nature  étonnamment vivante et par tout ce que la jeunesse porte d'insolence.
 Cinquante ans auparavant, le pays fut ravagé par la guerre, ne laissant  que des femmes et des enfants. Les survivants ayant voté pour le  Grand-Oubli, seules les aïeules pourraient se souvenir, mais tout désir  de mémoire en elles s'est tari.
Avant de mourir pourtant, Baba  délivre un secret à sa petite-fille : la vérité sur les " Invisibles ",  ces créatures que les bonnes gens redoutent plus que tout. Elles  ignorent encore combien le destin de la jeune fille sera lié à ces  parias.
Au fil du temps le mystère s'épaissit. Qui est Tochko, cet  Invisible dont Igor paraît si proche ? Quel lien l'unit à la vieille  Grisha, honnie de tous ? Précipitant les personnages dans la tourmente,  une tempête poussera les uns et les autres aux confidences. Le roman  alors se peuple de voix, de paroles remontées des temps anciens,  laissant entrevoir un passage entre le monde des morts et celui des  vivants, une porosité entre le passé, le présent et l'avenir.
 L'amour suffira-t-il à cette jeune fille pour affronter le trou noir de  la guerre ? De quel secours lui sera-t-il, face à tout ce qui menace ?
 L'écriture de Laurine Roux, simple, rugueuse et âpre, dessine un monde à  la lisière du merveilleux. Ses évocations très telluriques, glaciales,  minérales, font remonter des scènes presque mythologiques : le grand  Nord battu par les vents et la guerre, l'animal tapi en nous, ces terres  où l'homme a les pieds dans la boue. Cette fable assez sombre est  pourtant traversée par une très belle lumière, celle d'hommes et de  femmes habités par une densité que l'on dirait millénaire, et dont  chaque parole, chaque geste est plein de sens. Lumière d'une nature  aussi austère que sublime, d'une vie qui n'est jamais si désirable que  dans le côtoiement de la mort, lumière de l'amour enfin.
 

           Biographie de l'auteur