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80 km/h les départements devraient décider

Diffusion du lundi 23 avril 2018 Durée : 2min

On va revenir sur le 80 km/h, car la mesure reste toujours très contestée. Et pour sortir de la polémique, les sénateurs proposent d’appliquer la mesure au cas par cas, en laissant les départements décider…

Oui, le sénat vient de prouver qu’il servait à quelque chose. Il a en effet créé une commission d’étude sur la mise en place du 80 km/h, qui vient de remettre un rapport au Premier Ministre. Pour ce travail, la commission a entendu 47 intervenants, organisé 17 tables rondes et reçu des Français 23 497 contributions par Internet. Ce n’est pas vraiment ce qu’a fait le gouvernement pour décider du 80 km/h, les sénateurs fustigeant au passage l’opacité qui entoure cette mesure. A défaut d’avoir pu reporter la date d’application, qui reste fixée au 1er juillet, ce document propose de laisser le choix aux départements de décider si les routes doivent passer au 80 km/h ou non, et lesquelles. Une façon de rappeler au gouvernement que ce sont les élus locaux qui connaissent la réalité du terrain, pas des technocrates depuis Paris. Les sénateurs recommandent une concertation large de l'ensemble des acteurs concernés : les services de l'État et des départements en charge de la gestion des routes, les associations et pas que celles contre la violence routière, il y aurait aussi les riverains et les usagers, ainsi que les chambres consulaires locales. « Une fois la liste définitive des routes ou tronçons de route déterminée, la vitesse maximale autorisée serait réduite par un arrêté du président du conseil départemental. »

Et comment réagit la Sécurité Routière ? 

Elle a publié un rapport de 24 pages, plutôt indigeste, censé convaincre qu’il ne faut surtout pas procéder à une modulation des vitesses. En alignant des chiffres et des tableaux, elle s’évertue de démontrer que le 80 km/h serait efficace partout en France. D’après ce rapport, 10 % des routes de chaque département concentrent 38 % de la mortalité totale. Bizarrement, on a plein de données alors qu’elles brillaient par leur absence pour justifier le succès des expérimentations. Le ridicule ne tue pas, en voici une preuve éclatante.