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Fiat-Chrysler / PSA Groupe
Fiat-Chrysler / PSA Groupe

Le classement des constructeurs automobiles bientôt chamboulé

Diffusion du samedi 2 novembre 2019 Durée : 3min

Avec la fusion Fiat-Chrysler et PSA Groupe, qui devrait former le 4ème constructeur mondial, les cartes vont être sérieusement redistribuées.

Fiat a d’abord été en contact avec PSA, puis il s’est tourné vers Renault. Sans plus de succès. Mais, PSA est revenu à la charge. Et au lieu de racheter Fiat, le groupe a proposé une fusion entre égaux. Le français et l’italien vont donc se réunir au sein d’une nouvelle structure, dont chacun aura 50 % des parts, et qui sera basée aux Pays-Bas. C’est un mariage qui est bien accueilli par la bourse et dans les deux pays. Néanmoins,  les gouvernements français et italien veilleront à ce qu’il n’y ait pas de fermeture d’usine. La fusion entre PSA et Fiat-Chrysler va permettre de créer un groupe qui produira 8,7 millions de véhicules par an. L’intérêt pour le groupe français est d’avoir accès au marché américain, dont il a besoin car il est trop dépendant de l’Europe. Et il va pouvoir au passage valoriser ses technologies sur des marques haut de gamme comme Alfa Romeo et Maserati. 

Qui gagne quoi dans cette fusion ?

Sur le papier, PSA est plutôt en position de force. Alors que le groupe a failli mourir en 2012, il se porte bien et a même fait l’acquisition d’Opel. De plus, il dispose de technologies qui peuvent répondre aux besoins de Fiat-Chrysler. La première concerne l’électrification. Le groupe italien vient tout juste de décider d’un plan produit, alors que PSA est en train de lancer des modèles hybrides rechargeables et électriques. Le français a par ailleurs prévu de produire ses propres moteurs électriques en coopération avec Leroy Somer. Il pourra donc amortir plus facilement la production de ces composants sur plus de véhicules. Et puis, le groupe est aussi bien placé dans la voiture autonome. Il pourrait donc faire profiter de son expérience dans ce domaine. PSA est aussi un acteur qui s’implique beaucoup dans ce qu’on appelle l’industrie du futur. Fiat a donc à gagner en compétences, alors que le groupe français pense en termes de synergies industrielles et en développement de nouveaux marchés. 

Le futur groupe sera-t-il français ou italien ? 

Dans le nouvel ensemble, le groupe sera présidé par John Elkann, l’héritier de la famille Agnelli. Mais dans les faits, c’est Carlos Tavares, le patron de PSA qui serait à la manœuvre en tant que directeur général. Ses qualités de manager sont reconnues. Et c’est lui qui est le mieux placé pour piloter le rapprochement entre les deux groupes. Il sait qu’il a 5 ans devant lui pour y parvenir. Ironie de l’histoire, ce dirigeant d’origine portugaise a collaboré avec Carlos Ghosn à l’époque où ce dernier dirigeait Renault-Nissan. Et il a été écarté à un moment où il faisait de l’ombre au big boss. Précisons que l’Etat français et la famille Peugeot sont assurés pendant 7 ans de conserver leurs prises de participation, de même que le chinois Dongfeng, tous actionnaires de PSA. 

Et pourtant, les fusions ça ne marche pas toujours…

Evidemment, on peut être sceptique sur les chances de succès des fusions. Cela n'a pas marché entre Daimler et Chrysler, ni entre General Motors et Fiat. Et le projet de rapprochement entre PSA et le même GM a fait un flop, à la différence près que cela a permis à PSA finalement de mettre la main sur Opel. Généralement, dans le cadre d'une fusion entre égaux, il y en a toujours un qui est moins égal que l'autre et qui se fait croquer. Le tout est de savoir lequel. Mais de toute façon, ni PSA ni Fiat ne pouvaient survivre tout seul. Et puis les deux groupes se connaissent bien. Ils collaborent depuis plus de 40 ans dans les utilitaires.