Le mag auto

Le samedi et le dimanche à 8h12

Laurant Meillaud - Le mag de l'auto
Laurant Meillaud - Le mag de l'auto

le mag de l'auto : Du neuf sur le Malus

Diffusion du dimanche 13 octobre 2019 Durée : 3min

Fiscalité automobile : On a failli avoir chaud !

La fiscalité a failli encore s’alourdir, notamment pour les SUV et les voitures familiales.

Il y a une semaine, on vous parlait du malus pour 2020. Et déjà, c’était la soupe à la grimace avec des pénalités à partir de 110 g par km et des montants largement revus à la hausse. Mais, ce n’était sans doute pas suffisant pour certains députés qui - au sein du projet de loi de finances - avaient introduit des amendements pour un deuxième malus. L’effet Kiss Cool, quoi.... Ils prévoyaient en effet de taxer les véhicules en fonction de leur poids. Le montant prévu était de 15 euros par kg supplémentaire, au-delà de 1 300 kg. Vu que les clients plébiscitent les SUV et qu’ils dépassent largement ce poids, je parle des véhicules, hein, il allait falloir passer une deuxième fois à la caisse l’année prochaine. Si je parle au passé, c’est parce que la commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté tous les amendements. Le danger semble écarté, mais sait-on jamais, ils peuvent ressortir en séance publique à l’assemblée. 

Grille Malus - Aucun(e)
Grille Malus

Concrètement, quelles étaient les pénalités encourues ? 

Pour un Peugeot 3008, ce malus aurait été de 1 500 euros. Une somme à ajouter au malus classique, bien entendu. Et dans le cas d’une version hybride rechargeable, pourtant plus vertueuse, avec ses 29 g de CO2, le poids des batteries fait que le malus aurait été pour ce modèle de 7 995 euros. Et il n’y a pas que les SUV. Selon ce mode de calcul, un Grand Scenic Diesel de 150 ch, destiné aux familles, serait frappé d’un malus de 8 250 euros. Il faut savoir que les auteurs de cet amendement avaient prévu d’adoucir la sanction pour les ménages qui ont trois enfants. Ils auraient eu droit à 300 kg de plus pour une voiture thermique et 550 kilos pour une voiture électrique. Les professionnels de l’automobile sont soulagés par le rejet de ces amendements.

Et la voiture électrique était-elle concernée par cet amendement ?

La réponse est oui. Le seuil de déclenchement avait été fixé à 1 700 kg pour les voitures électriques, afin de prendre en compte les batteries. Cela permettait par exemple à la Renault ZOE d’échapper au malus, car c’est un véhicule de taille compact. En revanche, une Nissan Leaf pouvait potentiellement payer 465 euros de malus dans sa version la plus lourde. Et d’autres modèles auraient été taxés, car ils se situent un peu au-dessus. Les plus touchés auraient été les plus gros véhicules électriques du marché, comme la Tesla Model X, l’Audi e tron et la toute nouvelle Porsche Taycan. L’addition aurait atteint alors 10 000 euros. 

Alors, le poids est-il vraiment l’ennemi ?

L’origine de cette taxation au poids est à chercher du côté de la Norvège, qui fixe d’ailleurs le poids limite à 1 400 kg. En France, on est plus intelligent donc on a enlevé 100 kg de moins. C’est vrai que le poids moyen des voitures neuves a considérablement augmenté, de l’ordre de 10 kilos par an en 50 ans dans l’hexagone. Mais, cette augmentation est liée à plusieurs facteurs. Elle s’explique par des normes qui obligent les constructeurs à renforcer la sécurité et à embarquer des systèmes de dépollution. Après, les clients recherchent aussi plus d’espace et de confort. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de voiture légère et c’est un peu à marche forcée que les pouvoirs publics aimeraient faire maigrir le parc automobile. Tout cela parce que les émissions de CO2 remontent. Mais, ce n’est pas si simple. Car soit on force les français à rouler en petite voiture, soit on les incite à acheter des voitures avec des composants allégés, comme les matériaux composites, mais à l’arrivée cela revient plus cher.