Replay du samedi 1 mai 2021

La régulation et le bridage des véhicules en question...

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Au programme du MAG AUTO : Réguler automatiquement son allure en fonction de la limite de vitesse en vigueur ? Un système rendu obligatoire par l’Europe - Renault veut brider la vitesse de ses voitures...

Est-ce que Renault va brider la vitesse de ces véhicules ?
Est-ce que Renault va brider la vitesse de ces véhicules ?

La marque au losange a décidé en effet de limiter prochainement la vitesse de ses voitures à 180 km/h. Ce n’est pas une première, puisque Volvo en a fait autant il y a deux ans. Et puisqu’on parle de bridage, les allemands le font depuis très longtemps. Sauf que, eux, ils ont fixé la limite à 250 km/h, en raison de la vitesse libre sur une partie de leur réseau. C’est d’ailleurs pour cette raison que la marque Alpine ne sera pas concernée, au sein du groupe Renault, par cette limitation. Alors pourquoi une telle décision ? Officiellement, c’est pour des raisons de sécurité routière. Il est permis d’en douter, car – contrairement à une idée reçue – les chiffres n’ont jamais été aussi bas, aussi bien en France qu’en Europe. La tendance est à la baisse depuis 20 ans. En fait, l’Europe a imposé un système qui fera son apparition en 2022 sur les véhicules neufs et qui permettra à la voiture d’adapter automatiquement la vitesse en fonction des limitations. C’est l’intelligent speed assist, que le conducteur pourra toutefois désactiver. Dans ces conditions, à quoi bon proposer des voitures qui dépassent le 200 km/h, alors que tout est fait pour nous ralentir ?

Mais alors, disent certains, pourquoi ne pas brider les voitures à 130 ? 

C’est le discours typique des associations de lutte contre l’insécurité routière. A une époque, d’ailleurs, elles plaidaient pour le LAVIA, du nom d’un système qui avait été testé il y a plus d’une dizaine d’années par les constructeurs français. L’idée était de ralentir automatiquement la voiture en fonction de la limite autorisée. Et ces associations souhaitaient un système non débrayable. C’est évidemment un non-sens. Avoir de la puissance et pouvoir aller plus vite pour dépasser est justement un gage de sécurité. C’est ainsi qu’on peut se sortir de situations délicates. 

Du coup, comment ça va se passer avec le nouveau régulateur qui arrive l’an prochain ?

Selon Renault, le futur régulateur tiendra compte des panneaux, détecté par caméra, et des données de géolocalisation. C’est d’ailleurs le cas sur certains véhicules. ". Ce régulateur, appelé "Safety coach", tiendra aussi compte des virages dangereux et des ronds-points. Il pourra également prendre en considération la météo ou vigilance au volant. Et si les capteurs détectent une perte d’attention, le véhicule pourra même s’arrêter et se mettre en sécurité. En fait, toutes ces technologies existent déjà et vont se généraliser. Ce sont des briques sur lesquelles vont se reposer les futures voitures autonomes.

Question : ce bridage est-il lié à une volonté de préserver l’environnement ?

Là encore, ce serait naïf de le croire. La vérité, c’est qu’on se dirige de plus en plus vers l’électrification et que les modèles 100 % électriques vont de toute façon moins vite. Et en plus, sur autoroute, l’autonomie fond comme neige au soleil. De nos jours le plaisir s’exprime autrement. C’est au niveau de l’accélération qu’on se fait plaisir aujourd’hui. Chez Tesla, la promesse est au rendez-vous. On démarre comme un dragster, ce qui n’est pas d’ailleurs sans danger. Et on a le sourire aux lèvres, même si la vitesse est plafonnée ensuite. Comme Renault électrifie de plus en plus sa gamme, c’est une façon de se donner bonne conscience à peu de frais. Disons pour faire simple qu’on change d’époque.