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Éthylotest à la main, les gendarmes arrêtent  les véhicules au hasard
Éthylotest à la main, les gendarmes arrêtent les véhicules au hasard © Radio France - Caroline Félix

Peut-on vraiment imposer l’alcoolémie zéro au volant ?

Diffusion du dimanche 24 novembre 2019 Durée : 3min

Des pneus mieux étiquetés, un contrôle technique dont le coût n'est pas très homogène, et le zéro alcool au volant.

Les propos du ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, n’engageaient que lui. Mais, en déclarant qu’il était « pour » interdire totalement l'alcool au volant, il a relancé le débat. Il faut savoir que c’est la deuxième cause de mortalité sur la route, après une vitesse excessive, et qu’elle est en cause dans près d'un tiers des accidents mortels. Matignon a réagi rapidement. Le taux zéro n'est pas envisagé par le gouvernement. Pour rappel, le taux légal est de 0,5 g, et même de 0,2 g pour les jeunes conducteurs. Il faut savoir par ailleurs que les deux tiers des accidents mortels liés à l'alcool se produisent avec des conducteurs dont l'alcoolémie dépasse le triple de ce seuil. Plusieurs pays européens appliquent pourtant la tolérance zéro pour l'alcool au volant, comme la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie. D'autres, comme l'Estonie, la Norvège, la Suède et la Pologne, appliquent une limite de 0,2 g/l. 

Et on parle encore de l’alcool, avec des chiffres étonnants… 

Direction d’abord la Belgique, où moins de 2 % des conducteurs circuleraient avec une alcoolémie inférieure à la limite légale. Le taux le plus bas depuis 2003… Par contre, 3 fois plus de conducteurs sont contrôlés positivement les nuits de semaine qu’il y a 10 ans. Et cela serait dû à ce qu’on appelle les afterwork, ces pots qui sont organisés entre collègues à l’issue de la journée de travail. Et puis retour en France… Il n’y a pas si longtemps, un conducteur a été arrêté dans le Doubs avec 4,59 g d’alcool dans le sang. Déjà la soirée débutait mal pour lui et en plus il roulait sans assurance. Le record en France est de 11 g. Oui, vous avez bien entendu. C’était à Avignon, en 2013. La même année, un Polonais a battu le record mondial avec 13,74 g.  

Bientôt plus de transparence dans le contrôle technique… 

Le gouvernement va bientôt proposer un site internet qui répertorie les prix des centres de contrôle technique. Ceux-ci seront donc obligés de communiquer leurs tarifs. Un décret en ce sens a d’ailleurs été publié au Journal Officiel début novembre. Autre obligation : les professionnels devront aussi avertir l'État des modifications de leurs prix, sous peine d’amendes. On ne connaît pas encore la date à laquelle ce site sera prêt. Rappelons en attendant qu’il y a plus de 6 000 centres de contrôle technique en France et qu’ils ont procédé à 25 millions de contrôles techniques. Un contrôle qui coûte en moyenne 70 euros. Mais, il y a de fortes disparités selon les régions. Selon une étude, le contrôle technique le moins cher de France était facturé 46 euros en Moselle, et le plus cher en Haute-Savoie, à 110 euros. Elle a été faite par Simplauto.com, un site qui justement propose déjà un comparateur de ce type. 

Et puis, l’étiquetage des pneus va changer d’ici deux ans… 

Appliqué depuis 2012, l'étiquetage des pneus va évoluer. Jusqu’à présent,  il se limitait à l’adhérence, la consommation et le bruit, avec un classement par lettres de A à G. Les députés européens proposent de faire évoluer la réglementation. Les étiquettes pourraient donner des indications sur l'adhérence sur la neige et le verglas. Et pourquoi pas sur la longévité des pneus, même si la durée de vie dépend bien sûr du style de conduite. Autre souhait : les étiquettes devront être plus lisibles, avec en prime un QR code pour aider les consommateurs à s’y repérer. Cette nouvelle réglementation pourrait être mise en place le 1er mai 2021. Mais, il faut d’abord un vote au parlement.