Replay du samedi 28 novembre 2020

Hybride et écologie...Un mariage imparfait !

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Il nous dit tout sur l’actu de l’auto. Avec notre expert, on va parler des hybrides rechargeables. Une variété de véhicules qui ne seraient pas si écologiques que cela, du moins si l’on en croit une étude réalisée par une ONG.

Misubishi rechargeable
Misubishi rechargeable

Transport & Environment : une association européenne basée à Bruxelles. Elle évoque un scandale des hybrides rechargeables et n'hésite pas à faire le parallèle avec le Dieselgate...Je trouve cela très excessif, car il n’y a vraiment aucun rapport entre le deux. Rappelons que Volkswagen avait mis en place un logiciel destiné à frauder les tests d’homologation. L’étude dont on parle, et qui ne porte que sur 3 modèles, par hasard les plus gros du marché qui sont des 4X4, nous dit en fait que ces véhicules polluent plus, surtout quand on ne les recharge pas. Les tests ont été effectués par une société anglaise, Emissions Analytics. Dans des conditions optimales et avec une batterie chargée à plein, la BMW X5, la Volvo XC60 et le Mitsubishi Outlander ont émis entre 28 et 89 % de CO2 de plus que ce qui avait été annoncé. Et avec une batterie vide, ils ont émis trois à huit fois plus de CO2 que les valeurs officielles. Troisième argument : quand le moteur thermique est utilisé pour recharger la batterie en roulant, les chiffres seraient alors trois à douze fois supérieurs.

Alors qu’y a-t-il de vrai et de plus discutable ? 

Oui, c’est vrai : un hybride rechargeable consomme plus que les 2 litres aux 100 annoncés par le constructeur. Y a-t-il pour autant tricherie ? Non, car le cycle d’homologation prévoit une partie en ville, où l’hybride rechargeable roule en mode électrique. Si on fait la moyenne, entre ville et route, c’est cohérent. Et si on ne fait que de la ville, on peut économiser beaucoup. Quant à l’autonomie réelle, il est vrai qu’on est plus près de 40, que de 50 à 60 km. Et ces chiffres dépendent beaucoup du style de conduite. Ce qui est sûr, c’est que pour être vertueux, un hybride rechargeable doit être branché régulièrement sur une borne, à condition de pouvoir le faire bien entendu.  

En tout cas, ce n’est pas la première fois que ce type d’électrification est pris pour cible. 

Il y a eu par exemple les études de l’institut Fraunhofer en Allemagne et Council of Clean Transportation. Après avoir compilé les données recueillies sur plus de 100 000 véhicules, les deux organismes estiment que le niveau de consommation réel peut être jusqu’à quatre fois supérieur aux valeurs retenues pour l'homologation. Et encore une fois, cela dépend du mode de conduite. Il est évident que comme ces véhicules sont plus lourds, en raison du poids du moteur électrique et de la batterie, et qu’il s’agit généralement de 4X4, ils consomment plus que l’équivalent thermique, quand ils ne sont pas utilisés en mode électrique.

Alors, faut-il condamner ou non les hybrides rechargeables ?

Certes, on peut pointer du doigt le fait que ces véhicules sont généralement des 4X4 qui permettent d'échapper au malus et aux taxes sur les véhicules de société. Mais, que cela plaise ou non, l'hybride rechargeable répond à un besoin. En octobre, ces modèles ont représenté 6 % du mix de ventes et ont fait davantage que les modèles électriques. Chez certains constructeurs, la part atteint presque 20 %. Elle sera de 50 % chez Volvo par exemple en 2021. A l'heure où tous les constructeurs électrifient leur gamme, avec toute une palette de solution techniques, ce mode d’hybridation permet de faire une transition douce avant de passer au 100 % électrique.