Le patrimoine alsacien par Emilienne Kauffmann

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Atelier de couture
Atelier de couture

Les métiers d'autrefois : les couturières, épisode 1

Diffusion du lundi 16 octobre 2017 Durée : 9min

Chaque jour, réécoutez Emilienne Kauffmann et Pierre Nuss vous parler des traditions alsaciennes. Cette semaine, les anciens métiers, dont celui de couturière qui a presque disparu avec le prêt-à-porter.

Chaque village avait autrefois sa couturière en Alsace.

A l'origine, la couture a été une activité réservée aux hommes. Ils étaient les seuls à avoir le droit d'habiller les hommes et les femmes.

Les femmes, quant à elles, se contentaient de réparer ou de faire de légères retouches, on les appelait les lingères ou les couseuses.

La forte présence féminine dans la couture permet de mettre fin au monopole masculin.

L'édit de Nantes en 1673 ordonne que soient érigés en communauté tous ceux faisant profession de ce commerce.

Les lettres patentes du 30 mars 1675 conduisent à la reconnaissance des femmes dans ce domaine et à leur constitution en métier.

Toutefois, elles n'auront le droit de confectionner que certains habits de femmes, les vêtements d'enfants, la lingerie et les garnitures : robes de chambres, jupes, justaucorps, manteaux, hongrelines, camisoles et tous autres types d'ouvrages. Les corps et les bas de robe étant toutefois réservés aux tailleurs.

La rivalité entre tailleurs et couturières durera tout au long du XVIIIe siècle.

En Bretagne, la coupe, la confection et la broderie restaient l'affaire des hommes, jusqu'à la disparition des costumes traditionnels, les femmes se contentant de confectionner les coiffes.

Au cours du XVIIIe, les couturières obtiennent de nouveaux droits, (faire des robes de dessus, cors, corsets et paniers baleinés, et aussi de poser des garnitures).

Le métier se développe véritablement au XIXème siècle et au début du XXème siècle. La couturière confectionne alors toutes sortes de vêtements.

Elles étaient soit "petite main", "cousette", on les appelait aussi "grisette, midinette" dans les ateliers de haute couture ou employée dans les usines de confection, ou encore "artisane" à son compte habillant sur mesure les bourgeoises.

Une fois que les clients avaient choisi leur modèle, la couturière prenait les mesures, dessinait le patron, réalisait le tracé et la coupe. Le vêtement était alors assemblé, et après essayage la couturière terminait son travail. Tout se faisait à la main.

Les premières aiguilles à coudre apparurent il y a plus de 17 000 ans. Elles étaient en os et servaient à coudre des peaux d'animaux, la fourrure ... Dans l'ancienne Egypte les aiguilles étaient en cuivre, argent ou bronze. Sous l'Empire Romain elles étaient en métalet et plus fines. Les romains fabriquèrent également des dés à coudre.

Lors de l'apparition de la machine à coudre, les couturières se sont appelées "couturières mécaniciennes".

La machine à coudre a été véritablement inventée en 1830 par un tailleur français, Barthélémy Thimonnier. Il breveta une machine à coudre en bois à un fil continu, en point de chaînette, cousant 200 points à la minute.

En 1834, l'américain Walter Hunt fut le premier à utiliser une navette donc deux fils. Après les années 1850, la machine à coudre se développe considérablement, notamment avec l'arrivée de SINGER qui les popularisera.

Cette profession était pour de nombreuses femmes le moyen de gagner leur vie et celle de leurs enfants. Le quotidien des ouvrières à domicile était plus difficile que celui des couturières dans les ateliers.

On trouve encore aujourd'hui des couturières, notamment dans les maisons de haute couture. Mais le travail en usine est devenu rare, les entreprises de confection fermant toutes les unes après les autres.

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