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Le patrimoine alsacien par Emilienne Kauffmann

Du lundi au vendredi à 11h07

Ethel Saycell, la seule ramoneuse de Londres en 1932
Ethel Saycell, la seule ramoneuse de Londres en 1932 - Anonyme

Les ramoneurs, épisode 5

Diffusion du vendredi 1 septembre 2017 Durée : 7min

Réécoutez Emilienne Kauffmann et Pierre Nuss vous parler en alsacien des Kemifager ou Kàminfaajer, les ramoneurs, un métier capital pour éviter les incendies.

L'activité, au cours du temps, s'est transformée car le ramonage concerne désormais aussi bien les conduits d'évacuation des gaz de combustion (gaz, bois, fioul ...), les gaines grasses (extracteur), les VMC, les conduits de laveries, ou tout autre conduit d'évacuation.

Le nettoyage de cheminées est une occupation fort ancienne, aussi ancienne que les cheminées elles-mêmes, mais ce n'est qu'aux environs du XVIIIe siècle que les cheminées sont devenues suffisamment grandes pour qu'un homme puisse y passer, donnant naissance à l'image typique du ramoneur qui s'est développé lors de la révolution industrielle.

Aux XVe et XVIe siècles en Europe occidentale, la construction de pignons en escalier devint commune afin de permettre un accès aisé à la cheminée. Avec l'accroissement de la population urbaine, le nombre de maisons à cheminées augmenta et le métier de ramoneur devint plus respecté et recherché, bien qu'il soit parfois tourné en dérision par des vers, ballades et pantomimes.

À l'époque victorienne au Royaume-Uni, la profession était réputée pour l'emploi de jeunes garçons suffisamment minces pour se glisser à l'intérieur des cheminées afin de les nettoyer de l'intérieur. On les surnommait les "climbing boys" (« garçons grimpants »). Le travail était sale et risqué, et leurs employeurs avaient une réputation d'exploiteurs.

Il en était de même en France, où, traditionnellement, les ramoneurs étaient le plus souvent des jeunes savoyards, partis en groupe de leur pays sous la conduite d'un aîné, pour travailler dans les grandes villes.

Les garçons étaient souvent atteints de déformations articulaires, de brûlures et d'une forme de cancer du scrotum causée par les benzopyrènes contenus dans la suie. Il n'était pas rare que des ramoneurs meurent étouffés par la suie.

L'opinion publique choquée de telles pratiques imposa la recherche de moyens de substitutions. On inventa donc des brosses à manche télescopique et d'autres outils qui permirent au ramoneur de ne plus avoir à entrer dans la cheminée. Vers le milieu du XXe siècle, l'invention d'un aspirateur à suie qui pouvait être fixé au-dessus de la cheminée rendit ce processus plus propre qu'il ne l'avait jamais été.