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Se soigner peut coûter trop cher (illustration)
Se soigner peut coûter trop cher (illustration) © Maxppp - Nicolas Kovarik

Le reportage de 7h40 : la CPAM 54 lutte contre le renoncement au soin

Diffusion du mardi 5 septembre 2017 Durée : 2min

Avez-vous déjà renoncé à vous rendre chez le médecin, à vous faire refaire une dent, faute d'argent ? En 2016, Un quart des assurés sociaux aurait renoncé à se faire soigner. L'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle lutte contre ce phénomène. Reportage.

La Caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle expérimente depuis deux ans avec les caisses de 21 autres départements un dispositif de lutte contre ce renoncement au soin en aidant financièrement ces malades et en les accompagnant lors de leurs démarches. Encore faut-il détecter ces patients quand ils se rendent dans les bureaux de l'Assurance maladie.

La Cpam accueille dans ses locaux environ 20.000 personnes chaque mois. Et c'est pendant les rapides échanges avec les assurés que les agents doivent repérer les situations difficiles. Il faut être vigilant comme l'explique Daniel Weiss, responsable de la plate forme sociale :

Ca se voit dans une mimique, une attitude ou quand une personne retire ses lunettes pour lire un formulaire par exemple.

200 euros d'impayés

Thomas fait partie des 84 patients qui sont allés jusqu'au bout de la démarche et ont bénéficié de cette aide ces deux dernieres années en Meurthe et Moselle. Un étudiant en BTS qui commence à avoir mal à l'oeil il y a presque un an. Sans mutuelle, il se contente d'aller chez son pharmacien croyant à une conjonctivite. La situation empire de semaine en semaine et Thomas enchaîne les rendez-vous chez des spécialistes :

Au départ, je payais de ma poche. Je ne pouvais plus assumer avec mon loyer. Je ne payais plus. Arrivé à décembre, je devais me faire hospitaliser trois jours. J'ai refusé les soins. J'ai gardé les factures qui s'élevaient à 200 euros. Je les ai amenées à la caisse primaire."

Points noirs : lunettes, prothèses dentaires et appareils auditifs

Son dossier est pris en charge, les 200 euros sont réglés par la Caisse primaire d'assurance maladie. Les services de la CPAM se rendent alors compte que Thomas a bien droit à la couverture maladie universelle, la CMU. Ce qui va lui permettre d'être hospitalisé à moindre frais. Près de 300 personnes ont été accompagnées, surtout pour des problèmes dentaires, de vue ou encore d'audition, ce qui coûte le plus cher. Sarah Videcoq-Aubert dirige la caisse primaire de Meurthe-et-Moselle. Des patients qui ne se soignent plus, c'est tout sauf une économie pour la société :

C'est difficile d'estimer le coût mais à la limite, ce n'est même pas le sujet. Le sujet, c'est que l'Assurance maladie existe pour aider les gens à se soigner. Il est clair que si on laisse la personne sans soin alors que la pathologie est présente, ça va être plus compliqué plus tard."

Ce dispostif expérimenté en Meurthe-et-Moselle sera élargi à tout le territoire au printemps 2018.