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Montreuil : des réfugiés formés aux métiers du web

Par le mardi 6 septembre 2016
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Un atelier pour la promotion "Refugeeks" de Simplon.co à Montreuil
Un atelier pour la promotion "Refugeeks" de Simplon.co à Montreuil © Radio France - Rémi Brancato

Pour la première fois, une promotion de réfugiés sera diplômée de Simplon.co, entreprise sociale qui forme au métier de développeur web. Reportage à Montreuil en Seine-Saint-Denis, un mois avant la fin des cours.

France Bleu vous emmène ce mardi à la rencontre des "Refugeeks", du nom de cette promotion un peu particulière de l'entreprise de formation Simplon, à Montreuil. Pour la première fois, des réfugiés sont formés depuis début mars à Simplon, cette entreprise de l'économie sociale et solidaire (qui existe depuis 3 ans) qui propose des formations au métier de développeur web pour des publics éloignés de l'emploi (chômeurs longue durée ou jeunes des quartiers difficiles, notamment).

Ils sont 14, parmi lesquels 12 réfugiés  et 2 demandeurs d'asile de nationalité syrienne pour 7 d'entre eux, mais aussi pakistanaise, centrafricaine, éthiopienne, libyenne et soudanaise. Début octobre, ils obtiendront leur diplôme de développeur web après seulement 7 mois de formation.

Tarek, 22 ans, a quitté Lattaquié en Syrie, au départ pour étudier. Il a depuis obtenu le staut de réfugié. "En Syrie, c'est compliqué, il y a la guerre, explique simplement le jeune homme, ils demandent aux jeunes de faire le service militaire mais je veux juste continuer mes études, vivre une vie normale".

"Certains parlent 6 langues!"

Alors à Montreuil, le jeune homme apprend le code informatique, une idée venue aux équipes de Simplon à l'automne 2015, au moment de l'afflux de réfugiés en Europe. "La vitesse à laquelle ils ont progressé, c'est absolument hallucinant" explique Perrine Guinel, formatrice du groupe, qui a du d'abord faire face à la barrière de la langue. Des cours de français ont été mis en place, parallèlement aux 35 heures de formation hebdomadaire, et donc intensive. Pour elle ces profils sont aussi des atouts : "ils ont vécu dans plusieurs pays et certains parlent 3, 4, 5 , 6 langues couramment, ça, mine de rien, ce n'est pas si fréquent!" s'enthousiasme-t-elle.

Adam, qui a quitté le Soudan, où il a été condamné à mort "pour des opinions politiques et religieuses" attend encore un entretien la semaine prochaine, pour peut-être passer du statut de demandeur d'asile à celui de réfugiés. Il espère trouver un travail salarié et pourquoi pas fonder sa propre entreprise. "Mon rêve ce serait de participer vraiment au développement de l'économie française, (...) j'ai l'impression que c'est la dette que je dois à la France" dit-il.