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Les images des violences des manifestations des Gilets jaunes ont fait le tour du monde.
Les images des violences des manifestations des Gilets jaunes ont fait le tour du monde. © Radio France - Tommy Cattaneo

Gilets Jaunes : 30 à 60% d'annulations dans les hôtels après les violences, indique une fédération de commerçants

Diffusion du mercredi 5 décembre 2018 Durée : 7min

Les violences qui ont marqué les manifestations des Gilets jaunes inquiètent les professionnels du tourisme. Les images des casseurs ont fait le tour du monde. Les professionnels constatent des cascades d'annulations. Marcel Benezet, président de la branche cafés, bars, brasseries et hôtels réagit.

Les violences qui ont marqué les manifestations des Gilets jaunes inquiètent commerçants et professionnels du tourisme. Les images des casseurs ont fait le tour du monde. 

Les professionnels constatent des cascades d'annulations. Marcel Benezet, président de la branche cafés, bars, brasseries et hôtels du Groupement National des Indépendants (GNI) était l'invité de France Bleu Paris ce mercredi à 7h45. Il explique qu'il est "très très inquiet". Les annulations se multiplient dans les hôtels. "On est entre 30 et 60% d'annulations suivant les arrondissements de Paris". Certains pays européens comme l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne demandent à leur ressortissants de ne pas venir à Paris, affirme Marcel Benezet. 

"Moi je demande aux Gilets jaunes que cela cesse parce que nous sommes en train de mettre (en miette) une économie touristique qui était bien repartie et ça risque de nous coûter très très cher".

"Les restaurateurs et les hôteliers ont des dettes, des engagements financiers parce qu'ils ont fait des travaux, ils ont rénové leur établissement et certains ont été saccagés au cours des manifestations des Gilets jaunes". 

Il indique que beaucoup d'événements prévus pour cette fin d'année ont été annulés et les traiteurs sont très inquiets. Les professionnels lancent un cri d'alarme. Il demande aussi aux lycéens qui se mobilisent et annoncent des défilés, de ne pas manifester, "de rester chez eux ".

Il avertit : "S'il y a des manifestations comme la semaine dernière, je peux vous assurer qu'il y aura des victimes... les autorités policières sont très inquiètes aussi parce qu'aujourd'hui on a franchi un cap très très dangereux pour la population, pour les manifestants, pour tout le monde".

Samedi prochain 8 décembre 2018, certains établissement ont déjà décidé de baisser le rideau, indique Marcel Benezet, d'autres vont être sur place, ils ont prévu que le personnel ne vienne pas "parce qu'ils ont eu tellement peur la semaine dernière". Il rappelle qu'il y a eu des établissement avenue de la Grande Armée qui ont été pillés, "J'ai vu des professionnels avec les larmes aux yeux".   

Les dégats se chiffrent en millions d'euros. "Je pense qu'on passe le cap de 10 millions d'euros d'indemnisation au niveau des assurances et ça ne rembourse pas tout, vous avez quand même une perte de chiffres qui est là".

Face à la disparité des Gilets jaunes et malgré les annonces du Premier ministre, le président des cafés brasseries et restaurant du GNI est pessimiste pour la suite. "Je pense qu'on n'est pas prêt de sortir de ce conflit... Aujourd'hui la situation est très grave pour la capitale et le reste de la France".