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Simone Gorsic n'est pas une héroïne, juste une dame qui aime les Hommes.
Simone Gorsic n'est pas une héroïne, juste une dame qui aime les Hommes. © Radio France - Olivier CEYRAC

Le portrait de Simone, une retraitée au grand coeur

Diffusion du vendredi 3 mars 2017 Durée : 2min

Depuis qu'ils ont fuit la guerre dans leurs pays, 74 migrants sont arrivés en Creuse. Parmi eux, 4 irakiens d'origines kurdes ont trouvé refuge chez Simone Gorsic. Elle ouvre sa maison le temps de se reconstruire quelques heures en attendant de reprendre le périple des démarches administratives.

Par un concours de circonstance, Simone Gorsic a rencontré ces hommes sans terre. Elle allait au Secours Populaire de Guéret pour porter des vêtements lorsqu'elle entend les bénévoles se demander "qui pourrait nous aider pour leur apprendre le Français?". Simone dépose ses sacs, elle se retourne vers les bénévoles et leur répond "et bien... Je suis enseignante. Je peux peut-être vous aider?"

En quelques jours la voilà de nouveau dans une salle de classe. Autour d'elle ce ne sont plus de petits enfants découvrant l'art de tracer les lettres et de construire des mots. Ce sont des hommes, fatigués, épuisés par des mois de combats pour fuir une terre où le sifflement des balles rythme le quotidien de familles entières. Peu à peu, Simone apprivoise ses élèves. Elle dessine les fruits, les légumes, tout ce qui se mange chez nous en France.

Quand on ne sait pas parler une langue, on arrive à se faire comprendre par n'importe quel moyen. Surtout au moment où on veut manger. C'était prioritaire pour moi. Qu'ils sachent comment on dit une tomate, une cerise ou un paquet de pâtes.

Sur les 74 migrants venus en Creuse en 2016, 31 ont pu s'installer au centre d’accueil et d'orientation. 22 ont trouvé une place en centre d'accueil de demandeurs d'asiles. Chaque fois c'est une nouvelle étape franchi par ces hommes pour que le monde reconnaisse leurs souffrances. Toutes ces étapes purement administratives sont autant de moment où les hommes doivent décrire leur situation. Prouver d'où ils viennent, quelles sont leurs origines, montrer qu'ils ont fuit une zone de guerre. Toutes ces marches sont là pour flairer les "faux dossiers".

Mais pour les hommes, les atermoiements de l'administration sont autant de tensions et d'anxiété qui se rajoutent à des vies déjà bien fragiles. "C'est pour ça qu'ils viennent chez moi, assure Simone. On passe du temps ensemble, on discute, on part se promener dans la campagne. Quand ils arrivent leur visage est tendu, et puis au fil des discussions, je les sens se détendre".

La vieille dame est consciente que parmi les migrants il y a peut être de mauvaises personnes (voleurs, violeurs, tueurs...). Mais elle n'a pas peur.

"Sur 100 personnes il y a peut-être une qui sera mauvaise. Mais est-ce que ça veut dire que les 99 autres ne doivent pas profiter de notre bienveillance?"

Ce qui la motive c'est l'amour des autres. L'ouverture aux autres et l'envie de connaitre la culture de ces hommes originaires du Kurdistan. "Ils me montrent des photos de mariages. J'ai vraiment envie d'assister à l'un d'eux. Peut-être que si je vis assez longtemps et que je suis assez alerte, j'aurai du plaisir à aller les visiter au Kurdistan".