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L'horloge du musée d'orsay
L'horloge du musée d'orsay © Getty -

Exposition : Le modèle noir dans la peinture : De Géricault à Matisse

Diffusion du jeudi 11 juillet 2019 Durée : 4min

Aujourd’hui je vous emmène au musée d’Orsay, car il reste encore quelques jours pour découvrir une très belle exposition : le modèle Noir dans la peinture de Géricault à Matisse. 

C’est la première fois que le sujet délicat de la place du modèle noir dans l’histoire de l’art est traité en France. L’exposition permet par miroir de s’interroger sur la place des noirs dans la société depuis la révolution française jusqu’aux années 1930. 

Le parcours se déploie plus précisément en trois grandes sections : le temps de l’abolition de l’esclavage (1794-1848), le temps de la Nouvelle peinture (Manet, Bazille, Degas, Cézanne), et le temps des premières avant-gardes du XXe siècle. 

Cette période a connu des tensions, des luttes et des débats dont le monde des images s'est nourri. Cette exposition nous permet d’apporter de nouveaux éléments de lecture sur des chefs d’œuvres illustres. 

Dans le radeau de la méduse, réalisé en 1818 par Théodore Géricault, le peintre évoque un naufrage survenu lors d’une expédition coloniale. Quelques rescapés sont abandonnés en mer sur un radeau au large des côtes sénégalaises. L’identité du sujet porteur d’espoir, qui tient un linge blanc, un pied appuyé sur un tonneau à l’avant du radeau, nous est ainsi révélé et offre un nouvel angle d’étude à ce tableau. On apprend que Géricault fit appel à un modèle venu d’Haïti prénommé Joseph, on découvre qu’il était modèle à l’école des beaux-arts et un moulage d’après nature de son visage est même exposé. Le tableau qui présente d’autres personnes noires dans le radeau permettent à Géricault d’évoquer la cause abolitionniste rarement évoquée d’habitude. 

De la même manière dans l’Olympia de Manet, c’est le nu qui a fait scandale lors du salon de 1865 alors que la figure noire en arrière-plan qui tient un bouquet passe presque inaperçue. On pourrait croire à un tableau orientaliste mais il s’agit bien d’une prostituée parisienne qui nous défie du regard. Ce modèle noir s’appelle Laure et a posé plusieurs fois pour Manet, le cartel du tableau précise son adresse à Paris, l’étage où elle habitait (4e), le loyer qu’elle payait (200 francs). Ces informations n’ont pas de valeur sociologique, ce sont seulement des éléments biographiques dont le rôle est de redonner sa place à un individu.

N’hésitez pas une seconde si vous en avez l’occasion à aller voir cette exposition !

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