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La fontaine des Innocents aux Halles
La fontaine des Innocents aux Halles © Getty - Bradarn

Le quartier des Halles

Diffusion du vendredi 9 août 2019 Durée : 2min

Aujourd’hui, je vous emmène au cœur de Paris, dans son « ventre » même, comme on l’a souvent appelé : le quartier des Halles, riche d’histoires et d’architectures !

Les Halles ont toujours été un cœur marchand. Depuis le XIIe siècle, le marché de Champeaux battait son plein, agrandit progressivement dans les rues adjacentes et par le marché des Innocents.

D’ailleurs ce marché des « Innocents », n’est peut-être si immaculé que son nom l’indique. En effet, cet emplacement, longtemps hors des murs de Paris, servait de cimetière depuis les Mérovingiens. Agrandi, puis clos, il n’a cessé d’accueillir les défunts de Paris, 2 millions estime-t-on. Mais en 1780, les murs de la cave d’un restaurateur située à proximité s’effondrent sous le poids des cadavres... On décide alors de déménager le cimetière dans les anciennes carrières de Paris, les fameuses catacombes.

Mais ce lugubre passé n’a a priori pas gêné l’installation d’un marché alimentaire, actif jusqu’à la construction des Halles de Victor Baltard, à partir de 1952.  

Les douze pavillons de ces nouvelles Halles, pensées en réponse aux problèmes de circulation et d’hygiène du quartier, présentaient alors une architecture tout à fait nouvelle. Leur structure était constituée de colonnettes en fonte et remplie de parois de verre. L’architecte a répondu de cette façon au souhait de Napoléon III, qui voulait un édifice inédit, « des parapluies de fer » disait-il même. Chaque pavillon avait sa spécialité (le numéro 3 pour la viande, le 9 pour le poisson…), mais au milieu du XXe siècle, ces grandes halles sont à nouveau saturées.

Exactement, en 1969, a donc lieu ce que l’on a appelé le « déménagement du siècle ». S’ensuit un triste moment : la destruction des Halles de Baltard. Pendant des années, les Halles ne sont ensuite qu’un vaste chantier, un trou béant, qui sert même de décor au western de Marco Ferreri : Touche pas à la femme blanche ! C’est qu’on y construit la station de RER, la plus grande d’Europe. Mais l’aspect marchand du lieu est conservé avec la création du centre commercial, entre 79 et 85, par plusieurs architectes : Georges Pencreac’h, Claude Vasconi, Jean Willerval et Paul Chemetov.

Sauf que ce Forum a souffert d’une mauvaise image. Pour y remédier et parce que les Halles sont aujourd’hui la porte d’entrée du Grand Paris, l’actuel bâtiment : la « Canopée », a métamorphosé l’endroit. Construit par Patrick Berger en 2016, elle ne fait toutefois pas l’unanimité. Son geste architectural est sensé évoquer la nature, de façon plus ou moins évidente… Dans tous les cas, la prochaine fois que vous passerez dans le quartier des Halles, n’oubliez pas qu’on y fait commerce depuis des siècles, faites-vous plaisir c’est une question de tradition !