Événements

Les balades à Paris

Samedi et dimanche à 08h26

L'Homme Vitruvien de Léonard de Vinci
L'Homme Vitruvien de Léonard de Vinci © Getty - Trigga - E+

Leonardo de Vinci en France

Diffusion du mercredi 21 août 2019 Durée : 3min

On vous racontait dans la balade à Paris du 29 juin que la Joconde avait été volé un 21 août 1911. Mais ce qu’on ne vous a pas encore dévoilé c’est comment Léonard de Vinci est arrivé en France avec la fameuse Joconde…

Rappelez-vous, le matin du 21 août 1911, à la première heure le peintre Louis Béroud se rend au Salon Carré du Louvre pour faire une copie de la Joconde. Quelle n’est pas la surprise de ce peintre quand il découvre que ce petit tableau sur écorce de peuplier a disparu. Finalement retrouvée à Florence en Italie alors que le voleur Vincenzo Perrugia tente de la vendre, La Joconde réintègre le musée du Louvre 2 ans après son vol !

Mais comment le peintre de cette icône de la peinture est arrivé en France ? Lorsqu’il quitte Rome à l’été 1516, Léonard de Vinci est entouré par un imposant convoi. L’ambassadeur de France, qui a mené les négociations pour le Roi François Ier, ses assistants Melzi et Salaï, quelques artistes de passage, des serviteurs, une escorte armée et des chariots emplis de matériel. Il y en aurait eu pour à peu près 225 kg de bagages auxquels il faudrait ajouter 15.000 pages de notes et 250 livres. De Vinci emmène avec lui 3 tableaux encore inachevés car très perfectionnistes, il s’agit de La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte-Anne, La Joconde et le Saint Jean-Baptiste. 3 sur la quinzaine que Léonard a réalisé tout au long de sa vie, ce n’est pas négligeable !

L’artiste rejoint la France après que François Ier l’ait flatté dans sa lettre, lui demandant de venir à la Cour française en écrivant « Davantage que ma couronne, tu seras le joyau de mon royaume ». Effectivement le Roi va choyer son artiste en lui octroyant le manoir du Cloux qui deviendra Clos Lucé par la suite. Le château appartient à Louise de Savoie, la mère du roi et après la mort de Léonard, c’est la sœur du roi qui viendra s’y installer, c’est donc un immense honneur que se voit offrir là l’italien !

Mais avant d’arriver en vallée de la Loire, il aura fallu surmonter quelques épreuves, notamment la traversée des Alpes. A 60 ans passés, suivi d’un chargement qui vaut une petite fortune, le tout dans un 16ème siècle tumultueux cela n’est pas chose aisée. C’est début septembre qu’est donné le signal du départ. Le temps presse pour franchir les sommets avant les premiers grands froids. Hors de question d’emprunter la route la plus directe qui passe par Chambéry. Léonard et sa troupe choisissent un chemin plus lent, mais balisé de nombreux refuges tous les 10 kilomètres qui les emmène à 3000 mètres d’altitude !

Léonard arrive à Amboise à l’automne mais contre toute attente et surtout allant contre la légende, les rencontres entre le roi et le peintre n’était pas si fréquentes que cela. Le roi n’a pratiquement pas vu Léonard durant la dernière année de sa vie, tout occupé qu’il était à faire la tournée des châteaux de France. La scène d’un François I au chevet du génie quand il passe de vie à trépas immortalisée par Ingres, relève bien de la légende urbaine, désolée de vous décevoir !