Replay du samedi 22 mai 2021

Les deux coups de coeur de José Giornal de la librairie la mémoire du monde à Avignon

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José Giornal libraire à Avignon nous conseille à l'occasion de la fête de la nature la lecture de deux romans poétiques qui rendent hommage à la nature : "La brûlure" de Christophe Bataille chez Grasset et "La rivière" de Peter Heller chez Actes sud

Peter Heller "La rivière"
Peter Heller "La rivière" - Actes Sud

La librairie la Mémoire du monde à Avignon deux coups de coeur livres pour  

"La brûlure" de Christophe Bataille aux éditions Grasset 

La brûlure de Christophe Bataille
La brûlure de Christophe Bataille - Grasset

Tu te souviens  ? Cet été-là si chaud, on le sentait à nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d’automne, pas d’hiver, et ce vent tiède comme dans les contes…  » En cette fin d’été, un homme grimpe à trente mètres dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.
Mais un ennemi l’attend, qu’il n’avait jamais rencontré  : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l’attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur…
La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l’homme et la femme – rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l’attend, et ne cesse de l’aimer en images, souvenirs et gestes.
Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C’est un conte mais aussi notre condition nouvelle  : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d’arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre – car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.

"La rivière" de Peter Heller chez Actes sud

Wynn et Jack, étudiants en pleine possession de leurs moyens, s’offrent enfin la virée en canoë de leurs rêves sur le mythique fleuve Maskwa, dans le Nord du Canada. Ils ont pour eux la connaissance intime de la nature, l’exper-tise des rapides et la confiance d’une amitié solide. Mais quand, à l’horizon, s’élève la menace d’un tout-puissant feu de forêt, le rêve commence à virer au cauchemar, qui transforme la balade contemplative en course contre la montre. Ils ignorent que ce n’est que le début de l’épreuve.
Parce que toujours ses histoires, profondément hu-maines, sont prétextes à s’immerger dans la beauté des paysages, et parce qu’il a lui-même descendu quelques-unes des rivières les plus dangereuses de la planète, Peter Heller dose et alterne admirablement les moments suspen-dus, l’émerveillement, la présence à l’instant, et le sur gis-sement de la peur, les accélérations cardiaques, la montée de l’adrénaline. Ses descriptions relèvent d’une osmose enchanteresse avec la nature ; ses rebondissements, d’une maîtrise quasi sadique de l’engrenage. Ce cocktail redou-tablement efficace – suspense et poésie – est sa marque de fabrique. La Rivière n’y déroge pas.

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