Replay du mardi 23 juin 2020

Reims : rencontre avec les graffeurs de la coulée verte

Graffeurs vandales ? Non, pas ceux rencontrés en pleine réalisation le long de la coulée verte à Reims. Graffeurs artistes ! Certains vivent de leur art comme John Doe Oner, que les Echappées ont rencontrées.

Le graffeur Case, et son arsenal de bombes (4 euros pièce), sous le pont du Rouillat, sur la coulée verte à Reims
Le graffeur Case, et son arsenal de bombes (4 euros pièce), sous le pont du Rouillat, sur la coulée verte à Reims © Radio France - Nicolas Schmitt

Cela fait maintenant une vingtaine d'années que Gui, Raul, Case et Djon graffent sur les murs d'expression "plus ou moins" libre de Reims et d'ailleurs. Tordons le coup à une première idée reçue, les graffeurs ne dégradent pas forcément les rues en taguant des lettrages incompréhensibles, la nuit à la sauvette. Ces quatre amis, qui s'étaient donnés rendez-vous sous un pont de la coulée verte ont laissé exprimé leur talent sous le regard parfois étonnés, séduits, admiratifs, des nombreuses familles qui se promenaient ce dimanche après-midi. 

Djon et son "requin du canal"
Djon et son "requin du canal" © Radio France - Nicolas Schmitt

Les gens n'osent pas trop nous parler

Certains viennent nous dire que c'est bien, ils essayent de déchiffrer les lettres, ils  nous disent qu'ils n'auraient pas fait ça comme ça, c'est bien c'est convivial. La majorité ne font que passer. Les gens n'osent pas trop parler avec nous, confie Djon.

Illustration avec ce couple de promeneurs qui ne se serait jamais arrêté si je ne les avais pas interrogés sur le travail des graffeurs :  C'est très joli. Moi c'est le côté couleurs qui me plaît. Je trouve que c'est très habillé et que ça change tout. Et ça va bien avec l'environnement.

La coulée verte à Reims, bien fréquentée un dimanche après-midi
La coulée verte à Reims, bien fréquentée un dimanche après-midi © Radio France - Nicolas Schmitt

Passé de mode le graf ?

Cette maîtrise la bombe, pour certains, c'est un vrai gagne-pain. C'est le cas de Djon Doe Oner, dit Djon, 38 ans. On imaginait les graffeurs plus jeunes ! Autre idée reçue malmenée au passage. Il vit de ses grafs, et il regrette que la relève ait du mal à émerger. Avant, toutes les semaines voire toutes les deux semaines c'était repassé, maintenant y'a que nous, ou peut-être quelques petits jeunes.  Et à la question : passé de mode le graf ? Djon répond à regrets : à croire !

La raison de ce désamour pourrait se trouver, selon lui, dans l'absence de cours de graffitis dans les maisons de quartier. Nous, on fait des ateliers l'été dans les centres aérés. J'ai fait Muizon pendant deux ans. Ce sont surtout les jeunes de 6 à 12 ans qui viennent, trop jeunes pour se lancer dans la rue. Mais ils adorent ! ponctue Djon avec un sourire plein d'espoir.

De la rue... à votre entreprise ou appart'

Ce serait maintenant plus compliqué pour lui de continuer à initier les jeunes au graffiti car il a créé son entreprise de décoration il y a trois ans. Il travaille avec des bombes de peintures, des aérographes pour de la déco que me demandent des particuliers, ou des entreprises pour égayer leurs lieux. Dernièrement j'ai fait le Ginpamp, place d'Erlon.

Si vous souhaitez voir les réalisations de Djon Doe Oner, tout est sur sa page Facebook

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