Toutes les émissions

Les mots d'oc

Du lundi au vendredi à 7h40 et 8h55

plaques de rue à Albi
plaques de rue à Albi © Getty

la langue occitane avant 1914

Diffusion du vendredi 9 novembre 2018 Durée : 2min

On commémore l'armistice ce dimanche 11 novembre. C'est le 11 novembre 1918 que vont prendre fin les combat de la première guerre mondiale. Ce matin dans les Mots d'Oc, on s'intéresse à la situation de la langue occitane à la veille de la grande guerre …

Avant 1914, l'occitan reste une langue de communication importante, surtout en milieu rural mais pas seulement: se parlava encara bravament la lenga nòstra, mai que mai al campèstre mas tanben en vila / en ville également, notamment dans les classes populaires. L'occitan n'est plus vraiment parlé par la bourgeoisie qui a décidé de tourner le dos à sa langue au profit du français, et ce, depuis le XVIIe siècle.  En 1864, l'enquête de Victor Duruy,  ministre de l'instruccion publica, montre pourtant que l'occitan reste encore majoritairement parlée.

C'est à dire que beaucoup de gens en Occitanie ne parlaient pas le français ?

E ben òc, pauròt ! Oui, absolument, cette enquête montre qu'en 1864, plus de 90% des gens ne parlent pas français en Ariège, Aveyron, Gers ou encore le Var. De 75 à 90% des habitants du Tarn ne parlent pas français, non plus, à cette époque. 60 a 75% sabon pas parlar francés tanpauc en Garona-Nauta, nimai en Erau / 60 à 75% ne savent pas parler français en Haute-Garonne ou encore dans l'Hérault. Bref, dans la Grande Occitanie, la langue majoritaire à l'époque est l'occitan.

Alors, comment expliquer le déclin de la langue occitane en si peu de temps ?

Il y a plusieurs raisons: d'abord, les lois de Jules Ferry qui généralisent l'enseignement … mais en français (et pas en occitan !). Au contraire même, la république de Jules Ferry va punir les pichons qui parlent occitan à l'école. Il y aussi la 1ère guerre mondiale: qui est catastrophique pour les soldats issus de la Grande Occitanie. Il y a une raison: l'Occitanie n'est pas vraiment un pays ouvrier. Ce sont les zones rurales qui fournissent les effectifs des unités les plus exposées dans les tranchées / los qu'èran per las trencadas. Des départements du Nord de l'Occitanie vont perdre 19% de leurs mobilisés (ce qui est énorme!). Sans parler de la natalité, plus faible chez nous, qu'au nord de la Loire, et c'est déjà le cas à la veille de la première guerre mondiale.