Replay du mercredi 3 mars 2021

Le mot du jour : friches

On évoque souvent dans l’actualité, les friches dites parisiennes, ou urbaines, et « friche », c’est donc le mot ue vous avez choisi, Jean.

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Image d'illustration © Getty

D’où vient-il et que sont ces friches urbaines ? 

Le mot friche est entré en langue française au XIIIe siècle, emprunté au néerlandais virsch lant, virsh voulant dire « frais », et lant, « terre », ce qui pourrait donc être traduit par « terre fraîche ». Pourquoi cette image de la « terre fraîche » ? Tout simplement parce qu’on appelait ainsi en Hollande les terres gagnées sur la mer, grâce aux digues. En fait, quand le mot entre dans nos dictionnaires à la fin du XVIIe siècle, avec le sens actuel de ce « qui n’est point cultivé », assorti de cet exemple qui n’a pas pris une ride « une friche est un champ négligé et inculte », on précise que le mot ne se dit plus guère qu’adverbialement en ces phrases : Terres en friche, On ajoute d’ailleurs, qu’on l’utilise aussi au sens figuré pour « un esprit en friche ». Suivi d’un conseil pour l’éviter : « il le faut cultiver par l’estude des belles Lettres, ou par les méditations ». 

Et en fait, Jean, le mot a repris du poids dernièrement et curieusement dans le milieu urbain…

En effet, depuis quelques temps, les Parisiens, les Franciliens s’intéressent aux lieux abandonnés de la ville, parce qu’il y une centaines d’espaces en friche correspondant par exemple à d’anciens rails, à des hôpitaux désaffectés, des terrains vagues, des bureaux abandonnés avec leurs espaces voisins, et ces lieux ont pris le nom de friches urbaines avec, en somme, le constat d’un certain gâchis. Aussi la Mairie de Paris consciente de ce gâchis a signé récemment une charte afin de soutenir et développer les projets qui se préoccupent de ces espaces pour y établir des activités diverses qu’il s’agisse entre autres de galeries d’art ou d’hébergement pour les mal-logés. Et un nouveau vocabulaire s’installe ; par exemple dans la Gare des Mines, Porte d’Aubervilliers, se côtoient des espaces de réunion et une agriculture urbaine. En bref, les friches renaissent mais en n’étant plus des fiches, c’est un paradoxe. En tout cas l’esprit n’y est plus en friche !     

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