Replay du mercredi 24 février 2021

Le mot du jour : terminus

On l’entend parfois dans le RER, « ce train sera terminus à…, prière de prendre le suivant. Et puis quand on ne connaît pas bien la ligne, on demande quel est le terminus.

Terminus, tout le monde descends !
Terminus, tout le monde descends ! © Getty

C’est ce mot, terminus, que vous avez choisi d’expliquer, Jean, ce matin. 

Eh bien oui, chaque ligne de métro, de tramway, de RER, et bien sûr de train, a un terminus, à vrai dire même deux, un chaque bout de la ligne. Avec cette formule célèbre : « Terminus, tout le monde descend ! » et souvent dans nos RER, « Assurez-vous que vous n’avez pas oublié un bagage »… Alors d’où vient ce mot, de quand date son entrée dans notre langue ? On a envie de dire, comme pour la plupart des mots se terminant en « us », qu’il s’agit d’un mot latin. Eh bien c’est vrai et ce n’est pas vrai, parce qu’en vérité, on l’a emprunté directement aux Anglais, en 1840, avec le sens actuel « la station d’arrivée d’une ligne de chemin de fer ». Mais les Anglais l’avaient eux de leur côté emprunté au latin, avec une première attestation en 1836 pour la langue anglaise. 

Et que veut dire, Jean, le mot terminus en latin. On se doute que ce n’est pas lié à une ligne de chemin de fer… 

Non, pas de RER pour César ! En fait, en latin, le mot terminus désigne la limite d’un territoire, et même très concrètement, une borne de délimitation, vite assimilée à une fin. Si le mot « terminus » a en français été directement emprunté au vocabulaire anglais du chemin de fer, le sens figuré du mot en tant que point d’aboutissement de quelque chose est à la fois en analogie bien sûr avec la fin d’un trajet, mais aussi un retour au sens du mot latin. Le sens figuré a commencé avec les hôtels appelés Hôtel terminus, très nombreux, mais il a servi aussi d’images, comme en témoigne François Mauriac dans son journal en 1934, évoquant des hommes ambitieux, arrivés en politique : « Parlement, ministère, institut, écrit-il, tout le monde descend. Il s’agit de ne pas s’asseoir sur ses bagages, …de prendre un nouveau départ, de ne pas s’endormir dans le terminus de la réussite » ! Eh bien non, pas de terminus pour nos enthousiasmes !  

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